Kunming & Forêt de pierre Shilin

Du 25 au 26 août 2024 


On est restés peu de temps à Kunming, juste assez pour en capter l’ambiance. Une ville de passage, certes mais étonnamment douce. Capitale du Yunnan, posée à 1 800 mètres d’altitude, Kunming porte bien son surnom de ville du printemps éternel : l’air est plus frais, la lumière plus douce, et on respire un peu mieux qu’ailleurs. Ici, pas de carte postale immédiate. Kunming se découvre lentement, entre parcs paisibles, quartiers très pauvres, cafés branchés et grandes artères sans âme.


Kunming : que voir et que faire ?


Kunming – Jour 1

Réveil à 6h15. Pour une fois, le petit déjeuner est inclus. Œufs au plat, riz aux légumes, nouilles sautées, pains vapeurs… tout y est. Sauf le café. Thé et lait de soja uniquement. Gloups. On redescend en urgence dans la chambre pour se préparer un Nescafé de survie. En fond sonore, la voix de Joséphine tourne en boucle : on va être en retard, on va être en retard. Trop peur de rater le train.

Finalement, on monte à bord à temps. Direction Kunming : 7 heures de train. Netflix, quelques paysages qui défilent, et le temps passe finalement assez vite. À l’arrivée, premier réflexe : retirer de l’argent pour acheter les prochains billets. En Chine, les trains de nuit partent vite, mieux vaut anticiper.

Un Didi nous dépose à l’hôtel. Bonne surprise. Une vraie auberge de jeunesse, avec une cour extérieure, un bar, de la musique, une ambiance détendue. On pose les sacs, on s’assoit, petites bières bien méritées. Puis direction un restaurant pour découvrir la cuisine locale : asperges pimentées, canard laqué, dim sum, fromage de brebis, galettes de pommes de terre. Le Yunnan se distingue clairement du reste de la Chine, et ça se sent dans l’assiette.

Kunming nous laisse une impression étrange. En sortant de la gare, la ville paraît dure : beaucoup de mendiants, de petits vendeurs, des stands partout, surtout autour de la pomme de terre. Une pauvreté très visible. Et puis, en se rapprochant du quartier de l’hôtel, changement radical. Parcs impeccables, fleurs de lotus, cafés modernes, restaurants internationaux. Tout semble pensé pour les voyageurs et les expatriés. Deux visages qui cohabitent sans vraiment se mélanger.

On termine la journée par une balade tranquille dans un parc, à observer les locaux jouer aux cartes, danser, marcher lentement. Demain, direction la forêt de pierre de Shilin. Pour l’instant, dodo.

Infos pratiques :

Transfert Guilin → Kunming en train
Gares principales
Réserver les billets de train en ligne

Kunming – Jour 2 : la forêt de pierre de Shilin

Réveil vers 8h30. Objectif du jour : attraper le bus de 10h30 à la gare routière Est de Kunming pour rejoindre la forêt de pierre de Shilin. Sur le papier, tout est clair. En réalité, en Chine, les horaires de bus sont une suggestion plus qu’une règle. Le bus part quand il est plein. Résultat : départ vers 11h15.

Le trajet dure un peu plus d’une heure. Environ 85 kilomètres nous séparent de Shilin. Peu à peu, la ville laisse place à des paysages plus ouverts, plus ruraux. Puis, sans transition, le décor change complètement.

La forêt de pierre porte parfaitement son nom. Devant nous, une multitude de pitons rocheux, immenses piliers de calcaire gris sculptés par le temps. Collés les uns aux autres, parfois hauts de trente mètres, ils donnent l’impression d’une forêt figée, pétrifiée. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007. Ici, 270 millions d’années d’érosion ont façonné ce qui était autrefois le fond d’une vaste mer. Le vent, la pluie, les séismes, le retrait progressif des eaux… tout a contribué à faire émerger ce paysage irréel. Des fossiles marins ont d’ailleurs été retrouvés sur le site.

Sur les 35 000 hectares que compte la zone naturelle, seuls 80 hectares sont accessibles aux visiteurs. Les sentiers balisés s’étendent sur environ 5 kilomètres et serpentent entre les roches. On y découvre des formations aux noms poétiques : la femme attendant son mari, le phénix lissant son aile, le chameau chevauchant l’éléphant. Les Chinois accordent une grande importance aux histoires, aux symboles et aux superstitions, et chaque pierre semble raconter quelque chose.

Certains pitons sont creusés comme des grottes, d’autres surgissent de la végétation ou se dressent au milieu d’étangs. Au centre du parc, un pavillon-mirador permet de prendre un peu de hauteur et d’embrasser la forêt de pierre dans son ensemble. Le site abrite également un village de la minorité Sani. On croise beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants vêtus de costumes traditionnels. On a même la chance d’entendre un petit groupe de musique jouer.

Les touristes chinois se concentrent surtout au début du sentier. Très vite, on bifurque sur des chemins plus étroits, et là, presque plus personne. Le silence revient. C’est superbe. On s’amuse à marcher, escalader, se faufiler entre les roches, parfois dans des passages très très étroits (au point où Hugo a un peu de mal à passer). Les formations créent un véritable labyrinthe minéral, avec des perspectives toujours différentes. À un endroit, de l’eau stagne au pied des roches. Le ciel, les nuages et la pierre s’y reflètent. Le panorama est franchement magique.

Une zone nous marque particulièrement : entourée de champs et de plantations, elle donne l’impression que la forêt de pierre déborde sur la campagne. On croise des bergers avec leurs troupeaux de chèvres. Hugo en profite pour cueillir une pêche très mûre, presque trop, probablement invendable. Un délice. Sur le chemin, on aperçoit un long serpent noir. Pas le temps de dégainer l’appareil photo.

Cela faisait longtemps qu’on ne nous avait plus demandé de poser pour des photos. Ici, ça reprend de plus belle. Peut-être moins l’habitude de voir des touristes occidentaux. On joue le jeu avec plaisir.

Vers 18h, on reprend le bus pour Kunming. En achetant nos tickets, on rigole : un touriste chinois fume tranquillement à l’intérieur de la station, juste sous un panneau interdisant de fumer. La scène est surréaliste et mérite une photo. Retour à l’hôtel vers 19h30. Fatigués, on craque pour un burger à l’auberge. Pas cher, efficace. Oups. Demain, réveil à 6h. Direction les rizières de Yuanyang.

Infos pratiques :

Localisation
Kunming → Shilin (bus)
Entrée du parc

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