Programme – 02 jours -Yuanyang

Du 27 au 28 août 2024


Yuanyang, c’est des rizières et des villages perchés. Ici, tout se mérite : des heures de bus, des changements imprévus, des sentiers de montagne. On marche, on croise des enfants, des marchés locaux. On se prend des trombes d’eau et on rigole. Une étape qui nous a vraiment marqués.


Yuanyang : que voir et que faire ?


Yuanyang – Jour 1

Aujourd’hui, réveil à 6h. Direction la gare pour prendre un train vers Jianshui. Le trajet se passe sans encombre, mais ce n’est que le début de l’aventure. À Jianshui, nous sommes censés prendre un bus direct pour les rizières de Yuanyang. En théorie.

Nous montons dans un premier bus après nous être assurés que c’est le bon. Étrange : c’est un bus de ville, bondé, avec des passagers debout. Pendant trois heures, le trajet est éprouvant. Une grand-mère s’assoit à côté d’Hugo et commence une série de selfies sans lui demander son avis. Il sourit quand même. La scène est absurde et drôle.

Soudain, le bus s’arrête et on nous demande de descendre. Le chauffeur affirme que la station de bus est juste à côté. On obéit. En descendant, Hugo ramasse in extremis le passeport de Joo, tombé de sa poche. Grosse frayeur : en Chine, le passeport est indispensable pour absolument tout.

Nous repartons dans un autre bus, plus confortable cette fois. Après une heure, nouvelle surprise : on nous dépose à Xinjie, à environ une heure de notre hôtel. Heureusement, un chauffeur nous interpelle et nous indique un troisième bus. L’ambiance change radicalement. Ça sent l’alcool, la cigarette et les légumes. Les passagers transportent des récoltes, des nourrissons, un énorme gâteau d’anniversaire. Les femmes portent des costumes traditionnels. Toutes les cinq minutes, quelqu’un crache bruyamment, parfois très près de nos sacs. On a vraiment l’impression d’être au bout du monde.

À côté de Joséphine, une femme voyage avec son nourrisson. Elle l’allaite, le laisse dormir sur un siège. Le bébé semble bercé par les virages de la route. Quand la mère croise nos regards attendris, elle sourit fièrement. Un moment simple et très beau.

Le bus nous dépose finalement devant un petit village. Alors que nous cherchons notre chemin, une femme nous interpelle et nous tend son téléphone : « Vous êtes Joséphine et Hugo ? » Elle nous conduit à l’hôtel. Comme il est vide, elle nous surclasse. Chambre splendide avec vue directe sur les rizières, peignoirs, lit inclinable, douche immense. Un hôtel moderne en béton ciré et bois brut, parfaitement intégré au paysage.

Après nous être installés, nous partons à pied vers Bada, à environ deux heures de marche. Le chemin traverse les rizières, des potagers, des champs de maïs. Le paysage est plus sauvage qu’à Longji : terrasses irrégulières, reliefs vallonnés, teintes de vert et de jaune annonçant la récolte. Nous croisons des paysans, des vaches, des poules, des chiens. Des panneaux signalent la présence de serpents. Une grand-mère en turban bleu s’arrête, rigole et touche la barbe d’Hugo, visiblement fascinée.

Les villages traversés sont très authentiques. Des grands-mères cousent ensemble, des papys jouent aux cartes. Ici, on utilise encore les lavoirs communaux. Aucun touriste à l’horizon. On est hors du temps.

À l’approche de Bada, l’orage éclate. Des trombes d’eau s’abattent sur nous. Trempés, nous atteignons le point de vue, mais la pluie et la brume masquent les rizières. Peu importe. La marche valait à elle seule le déplacement.

Pour rentrer, on fait du stop. Une voiture partagée s’arrête. À l’intérieur, deux femmes en tenue traditionnelle, parées d’argent et d’or. L’une est intriguée par les bijoux de Joséphine et tente de lui prendre une bague. Rires, selfies, bonne humeur.

Le soir, douche chaude et dîner préparé par le gérant : omelette aux oignons confits, concombres vinaigrés au piment, bœuf au poivre et gingembre, légumes sautés à l’ail, riz et haricots. Les gérants sont adorables. Il propose des cigarettes à Hugo, veut tout nous faire goûter. La barrière de la langue limite les échanges, mais les sourires suffisent. Avant de partir, il insiste pour une photo avec Hugo, amusé par sa grande taille.

Yuanyang est déjà en train de devenir l’une de nos étapes préférées.

Infos pratiques :

S’y rendre
Se déplacer dans la région
Meilleure période

Jour 2 – Yuanyang

Réveil tranquille à 8h30. La nuit a été reposante. Depuis notre chambre, les rizières s’étendent à perte de vue, avec des mosaïques de verts et de jaunes. On pourrait rester là des heures à contempler ce paysage, mais l’envie d’aller explorer est trop forte.

Petit-déjeuner à l’hôtel : œufs durs, soupe de nouilles façon pho avec du porc tendre, deux cafés en supplément. Rien de spectaculaire. Nous décidons de nous rendre au marché local de Xinjie, marché itinérant qui change d’emplacement chaque jour pour que tous les villageois puissent y accéder au moins une fois par semaine. Ingénieux, mais il faut bien se renseigner pour ne pas le manquer.

Pour s’y rendre, le stop s’impose. Quelques minutes d’attente et une voiture s’arrête. Le conducteur, souriant et avenant, accepte de nous emmener contre une petite rémunération. Comme souvent dans la région, il s’agit d’un taxi partagé. Le trajet traverse des paysages de rizières à perte de vue, des champs escarpés, quelques potagers et des sentiers où le temps semble ralenti.

Arrivés au marché, nous sommes immédiatement frappés par l’ambiance : un mélange de couleurs, de sons et d’odeurs. Les femmes portent des costumes traditionnels décorés d’argent et d’or, des turbans colorés couvrent certaines têtes, tandis que les hommes ont des tenues plus sobres mais tout aussi traditionnelles. Les étals sont un véritable kaléidoscope : viande fraîche, légumes, fruits exotiques, tofu, mais aussi des animaux vivants – poules, canards, chiots, chats – entassés dans de petites cages.

Le marché est loin d’être aseptisé. Un dentiste de rue extrait des dents à même le trottoir, un vendeur propose des bijoux anciens et des pièces en argent. Des vieillards fument dans des tubes de bambou, et des enfants, attachés à leurs mères par de larges turbans, observent la scène avec de grands yeux curieux. Hugo achète un couteau et une pièce en argent. L’ambiance est indescriptible : festive, joyeuse, colorée. Ce marché restera un de nos plus beaux souvenirs de voyage.

Nous cherchons ensuite un moyen de transport pour rejoindre le départ d’une randonnée vers Pugao, point de vue réputé sur les rizières de Duoyishu. Les habitants proposent volontiers des trajets partagés pour quelques yuans. Après négociation, nous sommes déposés au point de départ officiel, mais le prix d’entrée pour accéder au site nous rebute. Nous choisissons alors un chemin alternatif, emprunté par les fermiers : plus authentique, sauvage et gratuit.

Dès les premiers pas, la beauté des rizières nous saisit. Les terrasses s’étendent à perte de vue, sculptées depuis des siècles par les Hani. Le chemin est escarpé, parfois glissant ; Joséphine trébuche plusieurs fois mais parvient toujours à se rattraper. Aucun touriste, seulement des paysans récoltant le riz ou entretenant leurs parcelles. Le silence est seulement ponctué par le bruissement du vent dans les champs et les voix lointaines des fermiers.

En chemin, nous croisons un promeneur avec son beagle, qui nous rappelle notre chien Mika. Plus loin, une mère et sa fille, chinoises vivant à Londres, cherchent leur chemin. Elles parlent français et anglais. Se perdre ici fait partie du plaisir : le paysage change à chaque détour. Nous découvrons même une petite cascade cachée et Hugo trouve un fer à mule, qu’il considère comme porte-bonheur.

La randonnée nous mène au village de Duoyishu, un lieu WAAAHOU. Les habitants sont rares, les personnes âgées discutent ou mangent des noix. Les fermiers poursuivent leur travail. Nous prenons le temps d’observer, de respirer, de savourer cette tranquillité.

Nous poursuivons ensuite vers Azheke, célèbre pour ses maisons Hani traditionnelles. Le chemin devient plus étroit, difficile, avec quelques détours improvisés grâce au GPS. À notre arrivée, les habitants nous regardent avec curiosité. Hugo attire particulièrement l’attention avec sa barbe. Les enfants improvisent un “Un, deux, trois, soleil”, nous rions, Joséphine tente de les photographier mais ils se cachent derrière des feuilles. Quinze minutes de jeux et de rires, un moment de pure joie.

La nuit tombe et nous réalisons que l’hôtel est encore à 45 minutes de route à pied – impossible après une telle journée. Nous faisons du stop. Après un long moment, un couple nous prend gratuitement.

Arrivés vers 19h45, fatigués mais heureux, un festin nous attend : poisson du village, porc au piment, concombres épicés, riz, mirabelles et lamelles de pommes de terre. Une journée intense, pleine de paysages, de rencontres et de petits moments inattendus.

Infos pratiques :

Transport sur place

Conseil : toujours demander aux habitants la route exacte. Le GPS peut être approximatif dans les sentiers et villages reculés.

Marché de Xinjie
Randonnée – Duoyishu & Azheke
Villages visités

Yuanyang a été un immense coup de cœur. Les marchés, les villages, les rencontres marquent profondément. Un des endroits où l’on comprend vraiment pourquoi on voyage.


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