Programme – 05 jours -Katmandou
Du 13 au 17 septembre 2024 & du 08-09 octobre 2024

Katmandou a été l’une de nos plus belles surprises de notre voyage au Népal, et clairement un moment fort après deux mois en Chine. On avait lu qu’elle était chaotique, poussiéreuse, au point que ça pouvait en devenri fatiguant. Et c’est vrai, en partie. Mais on ne nous avait pas dit à quel point elle pouvait être attachante. Ici rien n’est parfaitement organisé. Et pourtant, on se sent vite à l’aise.
Capitale du Népal et cœur historique de la vallée, Katmandou est une ville ancienne, façonnée par des siècles de royaumes newars, de traditions hindoues et bouddhistes, de commerce entre l’Inde et le Tibet. Elle a longtemps été un carrefour culturel et religieux majeur dans l’Himalaya. Cette histoire ne se lit pas seulement dans les monuments mais se ressent dans l’atmosphère.
La ville est dense. Les rues sont étroites, les motos vraiment partout (on a failli se faire écraser + d’une fois). Mais au milieu de ce tumulte surgissent des temples centenaires, des stupas, des cours intérieures. On passe d’un marché animé à une petite place sacrée en quelques mètres.
Ce brassage culturel est encore très visible aujourd’hui. Hindouisme et bouddhisme cohabitent naturellement. On croise des moines, des sadhus, des familles en prière, des voyageurs chargés de sacs de trekking. Les rituels font partie du quotidien. Une offrande déposée au coin d’une rue. Des cloches qui résonnent le matin. De l’encens qui brûle devant une boutique.
Katmandou reste une capitale à taille humaine. On peut traverser ses quartiers centraux à pied. Thamel, Asan, Durbar Square… chaque zone a sa propre énergie. Les briques rouges dominent, les fenêtres en bois sont finement sculptées, les façades portent les traces du temps et du séisme de 2015.
Autour de la ville, la vallée s’ouvre vers les collines. Par temps clair, les sommets himalayens apparaissent au loin. Katmandou est souvent un point de départ vers les treks. Mais elle mérite qu’on s’y attarde.
Katmandou n’est pas une ville carte postale mais pourtant, on s’y est sentis bien. Vraiment bien.
Katmandou, que faire ?
Jour 1 :
Réveil 6h. Grand départ. Après deux mois en Chine, on quitte définitivement ce chapitre pour rejoindre le Népal. Métro jusqu’à l’aéroport, 1h15 de trajet. Check-in rapide, contrôle sans encombre (à part les deux briquets d’Hugo confisqués au passage). oups.
Trois heures de vol. Juste derrière nous, trois moines népalais en tenue traditionnelle. On y voit un bon présage, surtout qu’on appréhende un peu le survol de l’Himalaya. Finalement, presque pas de turbulences. Et puis cette vue. Des sommets entièrement enneigés, immenses, wahouuuu. La vue est vraiment impressionnante et nous voyons de près ces pics totalement enneigés qui marquent notre passage dans un nouveau territoire.



À l’arrivée à l’Tribhuvan International Airport, visa “on arrival”. L’aéroport est étonnant, un peu vieillot, en briques rouges. Rien à voir avec les hubs ultra-modernes chinois. On sent déjà le décalage. Il nous fait penser à l’aéroport de Colombo.
Taxi vers notre hôtel. Nous ressentons d’emblée l’écart qui existe entre la Chine et le Népal. Les villes chinoises sont finalement assez paisibles comparées à Katmandou. Les rues sont très étroites et des nuées de scooters nous dépassent. Il n’y a d’ailleurs pas de trottoir. On voit aussi que l’urbanisme est encore plus anarchique qu’en Chine (on adore!). Chaque immeuble semble être construit indépendamment de ce qui l’entoure formant une sorte de micmac de brique et de béton. Étrangement, l’ensemble a un charme fou. Ajoutez au milieu de ces constructions modernes quelques vieux temples cachant en leurs entrailles des statues vénérées chargées de suie et de pigment. Des statues noircies par l’encens. Des drapeaux de prières. Le tout est entouré de superbes montagnes. Cela donne un cocktail surprenant sous le charme duquel nous tombons immédiatement.
La ville nous rappelle un peu La Paz en Bolivie avec son côté chaotique, vivant. Nous ressentons de suite l’écart de richesse et de développement qui existe entre la Chine et le Népal. Les infrastructures sont plus vieillissantes et les Népalais beaucoup plus pauvres. En plus de voir des mendiants, nous voyions même certains enfants travailler. Ça fait mal au cœur. On ne peut pas l’ignorer.
















Après avoir posé nos sacs, on part explorer les rues autour de Thamel et découvrons l’immense palette d’artisanat que proposent cette ville : bijoux, mandalas, cuivre, argent, statues, textiles. On sent que les négociations Joséphine vs Hugo vont être sportives. Les 30 ans approchent… on se dit qu’il y aura peut-être une petite exception budgétaire et un semi remorque risque de faire le trajet Katmandou Rennes sous peu (blague).
Après avoir visité quelques échoppes et petites ruelles, nous tombons sur une place où se situent plusieurs vieux temples et où des nuées de pigeons créent un ronronnement diffus et sonore qui invite finalement à la méditation. Au bord de cette place, une école et le marchand de glace officiel, star des enfants. Il y a comme un décalage entre l’aspect profondément mystique du lieu et la légèreté de cet environnement.








Nous continuons à déambuler dans les ruelles de la ville. Véritable labyrinthe que nous empruntons sans jamais savoir si au bout du sentier se trouve un temple vénérable, des échoppes vendant du cuivre, de l’argent, des bijoux, de l’artisanat, des vêtements, ou des artefacts religieux. C’est simple, il y en a partout. Il est difficile de marcher tant les rues sont remplies. A l’un des croisements, nous trouvons un endroit où les individus viennent clouer une pièce sur le mur pour demander de nouvelles dents. D’ailleurs, dans les rues, beaucoup de dentistes … de rue!




Alors que nous marchons tranquillement, un jeune homme interpelle Joséphine en lui disant qu’il aimait bien son style vestimentaire (et son chapeau). La discussion commence. Il affirme vouloir améliorer son anglais et faire un bout de chemin avec nous. Nous parlons de ses origines indiennes, de sa famille et puisqu’il se rend dans la même direction que nous, il nous propose de nous conduire au temple de la déesse Annapurnas. Il nous montre quel rituel observer afin de faire une prière à cette déesse bouddhiste. Puisque nous y sommes, il nous propose de nous montrer deux autres temples à chaque fois en nous expliquant l’histoire, les divinités vénérées et les rituels à accomplir. Il le répète à plusieurs reprises, il ne demande pas d’argent, c’est pour améliorer son anglais et il espère recevoir le même accueil lorsqu’il viendra visiter la France. Dans notre fort intérieur, nous pensons que ce voyage commence sous de bons auspices avec cette belle rencontre.
Puis vient le sujet de sa présence à Katmandou. S’il est ici nous dit-il, c’est parce qu’il est dans une école de peinture afin d’apprendre les techniques de peinture bouddhiste (le fameux mandala absolument magnifique) pour ensuite pouvoir retourner en Inde. Sa famille l’a même accompagnée. Après nous avoir fait visiter la ville, il nous propose de venir voir son école ou par chance, il y a une exposition aujourd’hui. Nous arrivons sur place. Au lieu de l’école, nous trouvons une sorte de boutique au 1er étage d’un bâtiment. Une simple salle d’exposition. Un autre homme tient absolument à nous montrer différentes pièces que nous pourrions acheter en nous proposant de prendre un thé et en nous invitant à nous décontracter. Les prix sont, bien sûr, plus élevés qu’ailleurs.
Peu à peu, nous sentons que nous sommes tombés dans un traquenard. Nous décidons poliment nous éclipser. Le jeune homme tient à nous suivre et juste avant que nous nous quittions, il nous dit que, certes nous ne devons pas le payer, mais que cela serait bien si nous pouvions acheter du riz pour lui et sa famille. Un doute teinté de culpabilité nous prend et nous demandons le prix du fameux riz : 1500 roupies soit 10 euros. C’est bien sûr un prix délirant pour le Népal quand on sait qu’un burger au restaurant coûte 2 euros. Décidément, l’ensemble était bel et bien une arnaque et même si nous sommes heureux d’y avoir échappé (nous avons vérifié sur Google et bien d’autres touristes se sont fait avoir par la même arnaque), nous sommes tristes sur ce soit la première rencontre que nous faisons au Népal. Bien sûr, on ne jette pas la pierre, quand on connaît le niveau de vie. On ne juge pas. Mais ça laisse une petite amertume.

























On décide de continuer la journée et de ne pas rester sur ça. Direction Kathmandu Durbar Square. De cet enchevêtrement de cours, de palais et de temples se dégage une forte dimension symbolique. Lieu de couronnement des rois népalais de descendance divine c’est aussi la place où se tenaient les échanges commerciaux a l’époque médiévale. Aujourd’hui la monarchie a tiré sa révérence mais la vénération de ses traditions perdure. Avant l’expansion de Katmandou, Durbar Square représentait l’essentiel de la ville. Le séisme de 2015 a endommagé des temples et fissuré certaines façades. Les habitants ont consacré des milliers d’heures pour redonner la place à son lustre d’autrefois. Grâce aux artisans traditionnels qui exercent toujours leur art, les palais ont été restaurés et les temples relevés des décombres.


















Ce lieu est certes un site antique avec de superbes monuments et la vie y est omniprésente. Entre les pagodes et les temples de nombreux vendeurs d’épices et de légumes ne cèdent pas encore totalement la place aux marchands d’artisanat et d’antiquité (plus ou moins vrais). De nombreuses statues et temples font l’objet d’une dévotion très forte. Nous restons des heures dans ce lieu à observer les moindres détails de ces temples magnifiques. Aux temples s’ajoutent deux palais, l’un copiant maladroitement le style classique de la National Gallery de Londres et l’autre déployant un style unique et proprement népalais superbe avec de magnifiques poutres sculptées en ornements et formes de divinité.
Puis, direction le café Thaleju qui domine la place centrale où trône le temple le plus impressionnant de la ville et qui offre une vue incroyable sur Katmandou et les montagnes environnantes. Nous assistons à l’un des plus beaux coucher de soleil de notre vie. Les nuances de couleurs sont magnifiques.Les briques deviennent dorées. Les montagnes se dessinent à l’horizon. Le bruit semble ralentir.





Puis, direction les pizzas (on ne sait pas pourquoi mais il y en a vraiment beaucoup ici et pas chères) pour ce soir avant de rentrer dormir. Il y a, contrairement à la chine, beaucoup de touristes occidentaux ici. C’est dingue. Tout au long de notre marche, on nous demandera si nous souhaitons : majijuhana, champignons magiques ou autres. C’est drôle et profondément caricatural quand on sait que Katmandou a été (et reste aujourd’hui) une ville de hippie.
On rentre fatigués, un peu secoués, mais déjà conquis
Infos pratiques – Jour 1 :
Arrivée à l’Tribhuvan International Airport
- L’aéroport se situe à environ 5 km du centre (Thamel / Durbar Square).
- 20 à 40 minutes de trajet selon la circulation.
- Le visa “on arrival” se fait directement à l’aéroport :
- remplir un formulaire (bornes ou papier),
- payer le visa,
- passage à l’immigration.
- Prix indicatifs du visa touristique :
- 30 USD / 15 jours
- 50 USD / 30 jours
- 125 USD / 90 jours
- Prévoir du liquide en USD ou carte bancaire et une photo d’identité.
Rejoindre le centre-ville
- Taxi officiel à l’aéroport : guichet à la sortie
- Prix moyen jusqu’à Thamel : 700 à 1000 NPR (5–8 €)
- Trajet : 20 à 30 minutes sans trafic
- Toujours confirmer le prix avant de monter si vous prenez un taxi dans la rue.
- GPS : 27.7172, 85.3240
Applications utiles :
- inDrive
- Pathao
Où loger
- La plupart des voyageurs choisissent de loger dans le quartier de Thamel, le centre touristique de la ville. C’est le quartier le plus pratique pour un premier séjour à Katmandou car on y trouve une grande concentration d’hôtels, de guesthouses, de restaurants, de cafés et d’agences de trek. Les principaux sites comme Kathmandu Durbar Square ou les marchés traditionnels sont accessibles en quelques minutes de taxi ou une trentaine de minutes de marche. On a dormi dans un hôtel très bien situé et propre, c’est par ici.
- Si vous préférez un environnement plus calme, certains quartiers proches comme Patan offrent une atmosphère plus paisible tout en restant proches du centre historique de la vallée.
Entrée à Kathmandu Durbar Square
- Tarif étranger : 1000 NPR (~7 €)
- Ticket valable toute la journée
- Possibilité de demander un pass valable plusieurs jours au bureau touristique
Jour 2 :
Réveil vers 8h30. On prend le temps ce matin. Cappuccino et omelette dans un petit café (qu’on adoreeee) près de l’hôtel, dans Thamel. Les rues commencent doucement à s’animer. On repart explorer le quartier. Le guide mentionnait plusieurs petits temples à voir dans les ruelles autour de Kathmandu Durbar Square. En arrivant, on se rend compte qu’on les a déjà vus hier… avec notre fameux “artiste” népalais. Pas grave, car hier nous n’étions pas vraiment sereins présentant le coup de Trafalgar. Ce quartier reste un énorme coup de cœur. Il y a pas mal de touristes occidentaux, surtout comparé à la Chine, mais l’ambiance reste très locale. Les temples sont partout. Petits, grands, parfois cachés derrière une porte ou au fond d’une cour. On achète deux patchs avec le drapeau népalais pour nos sacs.
On traverse aussi un marché. Les odeurs sont là, mais finalement très supportables. Fruits, légumes, épices, étals improvisés. On arrive devant un petit temple fermé. Un homme nous dit qu’il peut appeler quelqu’un pour ouvrir. Il précise bien : gratuit. On hésite un peu… puis on accepte. Quelques minutes plus tard une femme arrive avec un trousseau de clés. Une mère népalaise et sa petite fille en profitent aussi pour entrer. Petite cour en briques rouges. Bois sculpté partout. Silence. On reste là un moment à observer les détails. La petite fille s’amuse avec les cloches du temple. Elle nous regarde, nous fait des signes de la main, sourit puis se cache derrière sa mère.


Après une vingtaine de minutes on attrape un taxi pour rejoindre Boudhanath. Le quartier change complètement. La grande stupa est immense : environ 100 mètres de diamètre et 40 mètres de haut. Jusqu’aux années 1960 il n’y avait quasiment que des terres agricoles ici. Puis les réfugiés tibétains sont arrivés. Aujourd’hui c’est presque un petit Lhassa en exil. Des pèlerins tournent autour du stupa sans arrêt. Toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Des centaines de drapeaux de prières flottent au vent. Les yeux du Bouddha regardent dans toutes les directions. C’est l’un des rares endroits au monde où la culture bouddhiste tibétaine s’exprime sans entraves. Les ruelles qui entourent la stupa sont jalonnées de monastères et d’ateliers fabriquant les objets essentiels a la pratique religieuse des bouddhistes tibétain. On est censés payer un ticket (400 roupies) pour entrer dans la zone. Personne ne nous demande rien.











Point d’orgue de l’architecture bouddhique au Népal, l’éclatante stûpa fut construite peu de temps après l’an 600 mais fut mise à sac par les envahisseurs au XIVe siècle venus du sultanat de Bengale avant d’être reconstruite. Aménagée sur une base en forme de mandala et entourée de centaines de drapeaux de prière, la stupa possède une forte charge symbolique. La base représente la terre, le dôme l’eau, la tour carré le feu, la flèche symbolise l’air et l’ombrelle en haut le vide au-delà de l’espace. Autour de la base, des moulins à prières que les fidèles font tourner en permanence et 108 (nombre porte bonheur dans la culture tibétaine) petites effigies du Dhyani Bouddha Amithaba. Dans la cour, des préposés préparent la chaux et l’eau au safran pour rafraîchir les pétales de lotus du dôme. L’atmosphère est forte. Spirituelle. Et très mélangée.
Effectivement, l’ensemble dégage une atmosphère spirituelle et comme toujours à Katmandou métissée. moments de vie que nous aimons tant. Depuis notre arrivée on est incapables de situer les visages des Népalais. Parfois tibétains, parfois indiens, parfois presque chinois, parfois moyen-orientaux. Et, tantôt tout ça à la fois. On se sent vraiment à un carrefour de la route de la soie. Effectivement ici, on retrouve l’influence des tibétains de Lhassa mais aussi la marque des nombreux pèlerins indiens (d’ailleurs un groupe de pèlerins indiens ont voulu se prendre en photo avec Hugo).






Nous commençons par visiter la stupa c’est-à-dire à en faire le tour car nous ne pouvons rentrer à l’intérieur. Des centaines de pigeons s’abritent ici nourris de mains assidus par les pèlerins et les enfants puisque le fait de nourrir les pigeons est vu comme une forme d’élévation de l’âme. L’endroit est vraiment magnifique. Sur la place, un stand de volontaires soignent les chiens errants. Au début, nous croyons à une arnaque comme il en existe beaucoup mais non, ils semblent réellement aider ces petites bêtes. Nous nous installons à une terrasse pour profiter de l’ambiance et de ces moments de vie que nous aimons tant.
En face de la stupa, se trouve un temple que nous visitons. Le rez-de-chaussée est plutôt commun et abrite 3 grands bouddhas en bronze. Rien de très marquant. Mais sur le toit, surprise. Des moines fabriquent des chandelles au beurre de yak. De grandes marmites chauffent. Le beurre fondu est versé dans des moules. On n’avait jamais vu ça.
Puis, nous nous promenons dans les ruelles environnantes où règne, nous nous en rendons compte, une grande pauvreté. Infirmes, enfants et grands-mères mendient ici. Dur. Nous leur donnons mais nous avons aussi conscience que nous ne pourrons pas donner à tout le monde et que le voyage en Inde risque d’être difficile à cet égard. Nous voyions un orphelinat pour petites filles et un lieu de vie pour les moines tibétains. Ensuite, nous prenons la route à pied pour nous rendre au second temple : Pashupatinath.
C’est le temple hindou le plus important du Népal. Il se trouve au bord de la rivière Bagmati, entouré de ghats de crémation, de petits autels, d’abris pour pèlerins, et d’un marché aux multiples objets (encens, perles, conques, poudres colorées, objets religieux…) qui sont en vente sur les étals. Le temple a deux étages a été construit en 1696. Le site est cependant un lieu de culture hindou et bouddhiste depuis plus longtemps et seuls les hindous sont autorités à pénétrer dans l’ensemble.
L’escalier en pierre qui mène au sommet de la colline depuis la rive offre une belle vue. L’ambiance est étrange. Des singes partout. Des vaches sacrées qui se promènent librement. L’ambiance est vraiment particulière et dans les temples eux-mêmes vivent des personnes (mendiants, pèlerins ?). Sur le chemin vers la rivière, trois hommes font un spectacle de magie devant une foule qui rit. Juste à côté… les lieux de crémation, de nombreux mendiants et infirmes. Quel décalage entre cette scène et le lieu dans lequel nous sommes.















Pashupatinath est le principal site funéraire de Katmandou. D’anciens ghats de crémation en pierre s’alignent le long de la Bagmati aux eaux boueuses mais sacrées. Les prêtres s’affairent pour entretenir les dieux et faire passer les défunts dans l’au-delà dans un nuage de fumée. Au bord de la rivière, plusieurs abris sur lesquels se trouvent des bûchers préparés et d’autres en train de flamber. Sur ces derniers, des corps (que nous devinons à peine sous les fétus de paille dont ils sont recouverts). Les bûchers brûlent. Sous les couches de bois et de paille, on devine les corps. L’odeur est forte. La fumée aussi. C’est probablement le moment le plus dépaysant qu’on ait vécu de notre vie. Ici, la mort est publique. Visible. Acceptée. Elle fait partie du quotidien. Chaque bouffée que nous respirons nous plonge un peu plus dans l’étrangeté d’avoir le sentiment que la mort entoure les vivants et même pénètrent en eux. La mort n’a pas subi le « grand renfermement » pour reprendre les mots de Foucault. En face, des corps en crémation se promènent des familles, des hommes de foi, quelques touristes et… des vaches et chiens.











Ici, on croise beaucoup de sadhus. Ce sont des hommes saints de l’hindouisme, des ascètes qui ont volontairement renoncé à la vie ordinaire pour se consacrer entièrement à la spiritualité. Le mot vient du sanskrit sādhu, qui signifie littéralement « homme saint » ou « homme vertueux ». La plupart portent une robe safran ou orange, couleur associée au renoncement. Beaucoup ont les cheveux longs en dreadlocks appelées jata, parfois couverts de cendres sacrées. Certains se peignent aussi le visage avec des pigments rouges ou blancs en référence aux divinités qu’ils vénèrent, souvent Shiva. Leur mode de vie est radical.
Un sadhu coupe généralement tout lien avec sa famille et abandonne presque toutes ses possessions matérielles. Beaucoup n’ont ni maison ni argent et vivent de dons de nourriture faits par les fidèles. On peut les voir dormir dans des temples, des abris improvisés, des grottes ou près des lieux sacrés. Leur objectif est spirituel : atteindre le moksha, c’est-à-dire la libération du cycle des renaissances dans l’hindouisme. Pour cela, ils consacrent leur vie à la méditation, au yoga, aux rituels et à différentes formes d’ascèse. Il existe d’ailleurs de nombreux types de sadhus. Certains vivent en ermites, d’autres voyagent constamment de lieu saint en lieu saint. Quelques-uns rejoignent des communautés religieuses ou suivent un guru pendant plusieurs années avant de partir seuls. Certains poussent l’ascèse très loin : jeûnes prolongés, méditations dans des lieux extrêmes, ou pratiques physiques destinées à démontrer leur détachement du corps. Dans les lieux sacrés comme Pashupatinath, ils font partie du paysage. On les voit bénir les passants, discuter entre eux, méditer pendant des heures ou simplement observer la foule. Certains demandent de l’argent en échange d’une bénédiction ou d’une photo, d’autres restent complètement indifférents au tourisme. Ce qui frappe surtout, c’est le contraste car ces hommes vivent littéralement en marge de la société, sans travail, sans famille, sans biens, uniquement tournés vers la recherche spirituelle. Et pourtant, ils sont profondément respectés par beaucoup d’Hindous, qui voient en eux des êtres ayant choisi la voie la plus radicale vers le divin.




Dans un petit recoin, nous assistons à la cérémonie réunissant les proches d’un des défunts sur le bûcher. Pas de pleurs mais des chants qui résonnent dans ces vieux murs ancestraux. Non loin, des cuisiniers sont affairés pour préparer le repas qui sera partagé ensuite par les proches. Nous ressentons vraiment qu’ici la mort n’est pas une disparition mais un changement d’état, une étape transitoire dans un cycle beaucoup plus grand.


Assis sur les marches d’un temple, 3 Sadhus en vêtements traditionnels et lourdement maquillés discutent. Ils invitent les touristes à se prendre en photographie contre rémunération. A priori, nous nous disons donc que ces hommes profitent du système plus qu’ils ne prient. Nous refusons donc évidemment ce petit manège et nous nous asseyons non loin d’eux. Nous passons des heures à regarder les pèlerins, les vaches, autant de scènes qui se déroulent sous nos yeux comme hors du temps. Au début les Sadhus continuent de nous interpeller pour une photo. Nous refusons avec le sourire. Puis, peu à peu, se crée une complicité par un jeu de regard. Nous sourions lorsqu’ils fument de la marijuana et s’amusent avec un chien. Eux, sourient lorsque Joséphine essaie de caresser une vache mais est effrayée par un levé de tête du bovin. Il nous observent, et ne disent rien. Au bout d’un certain temps, le plus vieux des trois hommes et le plus orné, se dirige vers nous et nous propose de boire du thé avec eux. Il regarde Joséphine dans les yeux en disant qu’elle ressemble à Parvati (déesse centrale dans l’hindouisme). Assez flatteur donc. On accepte (tout en ayant peur de tomber malade). Et continuons à observer la foule.
Quelques minutes plus tard, le même homme revient en nous offrant des gâteaux. Nous acceptons avec le sourire et restons ensemble un temps à observer. Alors que nous nous décidons à enfin partir, nous passons devant eux pour leur donner des sous pour le thé et des gâteaux. Ils refusent fermement. Au contraire, ils nous invitent à s’assoir avec eux. C’est comme si, quelque part en refusant de leur avoir donné de l’argent, nous avons gagné une forme de respect et d’estime en nouant une relation plus authentique. A la fin de cet échange, les larmes montent. Décidément ce moment restera gravé dans nos têtes à tout jamais.

Nous continuons à nous promener dans le temple et voyons des hommes fouiller dans le lit de la rivière à la recherche de quelque chose. Nous les regardons intrigués. Hugo se décide par demander à un homme ce qu’ils sont en train de faire. Ce dernier répond : gold, gold en désignant les bûchers. Nous comprenons que ces derniers cherchent l’or des plombages dentaires des défunts qui sont rejetés avec les cendres dans la rivière. C’est peut être un peu trop glauque à notre goût.
Nous quittons cet endroit que nous avons adoré mais qui nous aura profondément troublé. Un taxi nous ramène à Durbar Square que nous souhaitons revoir. Nous visitons quelques marchands de souvenirs, goûtons la glace à la pistache (délicieuse) et pâtisserie indienne. Celle-ci est un mélange de beurre et de poudre d’amande. Gloups. On ne termine pas.















Petit tour dans le quartier et direction une boutique de trek pour remplacer la gourde perdue lors de l’épisode de Zhangjiajie en Chine. Finalement, nous optons pour des pastilles moins onéreuses. Direction un bar pour une bière méritée après cette éprouvante journée. Puis, une crêperie française proposant des planches de fromages et de bonnes crêpes types bretonnes. Les gérants sont un couple mixte franco népalais. Délicieux!


Dernière observation du jour. Ici beaucoup d’hommes se tiennent par la main dans la rue. Au début ça peut surprendreEn réalité c’est simplement un geste d’amitié très courant au Népal.
Infos pratiques – Jour 2 :
Se déplacer dans la journée
- Les sites visités ce jour sont assez éloignés les uns des autres. Le plus simple est d’utiliser le taxi.
- Taxi Thamel → Boudhanath : 20–30 min
Prix moyen : 600 à 900 NPR - Boudhanath → Pashupatinath : 10–15 min
Prix moyen : 400 à 700 NPR - Pashupatinath → Durbar Square / Thamel : 25–35 min
Prix moyen : 700 à 1000 NPR - Toujours négocier le prix avant de monter si le compteur n’est pas utilisé.
- Applications utiles : inDrive ou Pathao
Boudhanath
- Entrée : 400 NPR (~3 €)
- Horaires : accès libre toute la journée
- Temps de visite : 1h à 2h
- Le meilleur moment reste la fin d’après-midi, lorsque les pèlerins viennent faire le tour du stupa et que les lampes à beurre commencent à s’allumer.
Pashupatinath
- Entrée : 1000 NPR (~7 €)
- Horaires : environ 4h – 19h
- Seuls les Hindous peuvent entrer dans le temple principal
- Les visiteurs étrangers peuvent circuler autour du complexe et le long des ghats
- Les cérémonies de crémation ont lieu toute la journée, mais la fin d’après-midi est souvent la plus active.
Jour 3 :
Levés vers 08h30, nous prenons un cappuccino dans le même café du quartier que la veille avec des toasts avocat, oeuf, fromage grillé. Un régal. Puis, nous décidons d’aller visiter le quartier de Patan.
Ancienne cité-Etat farouchement indépendante, Patan n’est aujourd’hui séparée de l’immense Katmandou que par les eaux troubles de la Bagmati. Le réseau de places et de cours du Moyen Âge qui abritent plus de 1000 monuments bouddhiques font le charme de la ville. Patan recèle aussi certains des plus somptueux temples et palais royaux de tout le pays dont la plupart datent de l’âge d’or des Malla, du XVIe au XVIIIe siècle.
Quand on arrive dans le quartier de Patan Durbar Square, on voit des hommes en train de construire une grande croix faite de fleurs. On s’arrête pour regarder. Ils nous expliquent que c’est pour le festival qui marque la fin de la mousson. Les préparatifs ont déjà commencé dans toute la ville.



Comme souvent au Népal, les étrangers doivent payer pour entrer sur la place. On décide donc de tenter une petite technique en passant par les ruelles pour éviter les postes de contrôle. Ça marche. On arrive directement sur la place. Gratuitement, pour une fois.












La place est superbe. Des bâtiments en briques rouges, avec des poutres en bois sculptées extrêmement détaillées. C’est le style newar, l’architecture traditionnelle de la vallée de Katmandou (style classique népalais qui consiste en des bâtiments de briques rouges richement ornés de poutres sculptées et autres ornements). Au milieu de ça, certains bâtiments ont une architecture plus indienne. Le mélange est très beau. La place donne vraiment l’impression d’un vieux centre royal encore vivant. Bref, un sublime et antique melting pot. Nous décidons d’entrer pour visiter le palais royal : bim, contrôle des billets. On fait semblant de découvrir qu’il faut payer. Et, nous allons s’acheter le fameux sésame. Oups.












Le palais est composé de plusieurs cours intérieures entourées de galeries en bois sculpté. Chaque cour a ses statues, ses divinités, ses ornements. On peut circuler sur une sorte de balcon couvert qui fait le tour des cours. Avec les treillis en bois qui filtrent la lumière, on a vraiment l’impression d’être dans une promenade royale. On imagine facilement des princes ou des dignitaires marcher ici à l’époque. Dans certaines galeries côté rue, des banquettes en pierre permettent de s’asseoir. On regarde les toits de Patan, le bruit de la ville en fond… parfait pour une sieste. On a vraiment le sentiment d’être des princes profitant d’une promenade ombragée dans l’antique Katmandou. Les yeux perdus sur les toits des bâtiments et bercés par le brouhaha de la rue on s’adonnerait bien à une petite sieste….Mais Joséphine en a décidé autrement. C’est parti pour une visite de tous les temples de la place.









Dans l’un d’eux, les visages des statues sont recouverts de tissu/linge. Cela donne un aspect mystique voire terrifiant aux sculptures. On s’attend à tout moment à voir sortir de la, une figure monstrueuse. On demande à un sculpteur présent sur la place. Il nous explique que c’est pour protéger les statues après la pose de feuilles d’or. Le tissu reste le temps que l’or adhère correctement.
Ensuite on part se perdre dans les ruelles de Patan. Encore plus qu’à Katmandou, la ville ressemble à un labyrinthe. Des petites ruelles, des cours cachées, parfois des cul-de-sac. Presque chaque cour possède un petit temple. Les habitants viennent y déposer des offrandes.






On arrive ensuite au Hiranya Varna Mahavihar, souvent appelé le Golden Temple. Ce monastère bouddhiste date du XIIᵉ siècle et constitue l’un des sanctuaires les plus importants de la tradition newar bouddhiste, très présente dans la vallée de Katmandou. La cour intérieure est entièrement décorée de statues, de roues de prière et de plaques dorées représentant différentes divinités bouddhiques. L’atmosphère est calme mais très vivante avec des fidèles qui viennent déposer des offrandes, des moines qui passent, des enfants qui jouent dans la cour. Ce jour-là, on arrive au moment d’une cérémonie particulière liée à une tradition locale assez méconnue, celle des “dieux vivants”.






Dans certaines communautés newar, des garçons sont temporairement choisis pour incarner une divinité bouddhiste pendant une courte période, souvent une trentaine de jours. Contrairement à la Kumari -la déesse vivante qui peut rester plusieurs années dans ce rôle) ces incarnations masculines sont temporaires et rituelles. Elles sont choisies par les prêtres du temple parmi des familles de la communauté.
Deux jeunes garçons sont présents ce jour-là. L’un a environ 12 ans, l’autre un peu plus âgé, autour de 18 ans. Pendant la durée de leur incarnation, ils sont considérés comme porteurs de l’esprit de la divinité. Et, ils vivent dans le temple avec leur famille. Leur statut est très respecté. Les fidèles viennent recevoir leur bénédiction ou assister aux rituels dans lesquels ils participent.
La cérémonie commence devant la statue principale du Bouddha, richement décorée. Les deux incarnations s’agenouillent et touchent de la tête trois fleurs de lotus sculptées dans l’encadrement de la porte du sanctuaire. Le lotus est un symbole central du bouddhisme : il représente la pureté et l’éveil.
Le plus jeune enfile ensuite une paire de sandales en argent. Le plus âgé apporte une longue poutre qu’il pose sur leurs épaules droites. Le rituel continue avec une série de gestes précis. Le plus jeune frappe la poutre avec un petit bâton, puis se touche le crâne avec ce même bâton, trois séries de trois coups. Les gestes sont très codifiés, hérités d’anciens rituels newars mêlant influences hindoues et bouddhistes. Autour d’eux, un espace est dégagé. Les fidèles observent en silence.
Une fois la cérémonie terminée, la tension retombe immédiatement. Les “dieux vivants” quittent leur posture solennelle et retournent à une attitude beaucoup plus ordinaire. L’un d’eux s’assoit dans un coin de la cour… et sort son smartphone. La scène est assez surréaliste : quelques minutes plus tôt, des fidèles s’inclinaient devant lui comme devant une incarnation divine. Et maintenant il fait défiler des vidéos sur son téléphone comme n’importe quel adolescent. C’est ainsi que nous avons pu voir un Dieu, jouer sur son smartphone : pas si commun (haha).
On se rend ensuite au Kumari Temple. Le matin, on avait déjà essayé d’y entrer pour voir la Kumari, la fameuse déesse vivante, mais la porte était restée fermée. On décide donc de revenir dans l’après-midi. En voyant qu’on insiste un peu, la responsable finit par nous laisser entrer. On enlève nos chaussures au rez-de-chaussée et on monte un escalier étroit en bois. Les murs sont peints en rose, la peinture est usée par le temps. L’endroit est simple, assez austère.

En haut, la responsable (qui est en réalité la mère de la déesse vivante) nous fait passer derrière un rideau. La pièce est petite. Des tapis épais recouvrent le sol. Les murs sont blanchis à la chaux. Au fond, un trône. Et sur ce trône est assise une enfant d’environ douze ans. La Kumari. La tradition de la Kumari est l’une des plus étonnantes de la vallée de Katmandou. Dans la culture newar, une jeune fille est choisie pour incarner la déesse Taleju, une manifestation de la déesse Durga dans l’hindouisme. On considère que la divinité habite réellement le corps de l’enfant pendant toute la durée de son rôle.
La sélection est très stricte. La future Kumari doit appartenir à la communauté Shakya, une caste bouddhiste newar. Les prêtres examinent l’enfant selon des critères très précis appelés les “32 perfections” : forme des yeux, des dents, voix, tempérament calme, absence de cicatrices… Autrefois, certaines épreuves symboliques existaient pour vérifier que l’enfant ne montrait aucune peur.
Une fois choisie, la Kumari quitte sa vie normale pour vivre dans le temple avec sa famille. Elle apparaît rarement en public et passe une grande partie de son temps à recevoir des visiteurs venus chercher sa bénédiction. La Kumari reste déesse jusqu’à sa première menstruation, moment où l’on considère que la divinité quitte son corps. Une nouvelle enfant est alors sélectionnée.
Devant nous, la petite Kumari est assise droite sur son trône. Elle porte une robe rouge richement décorée, la couleur associée à la déesse Durga. Son maquillage est très codifié : un grand troisième œil peint sur le front et des lignes noires accentuant le regard. Son visage est fermé. Aucun sourire. Une expression très sérieuse, distante. La mère nous explique le rituel. Nous devons nous agenouiller devant elle, faire un vœu et déposer une offrande. Cela peut être de l’argent, de la nourriture ou simplement un geste symbolique. Ensuite la Kumari applique un tika rouge sur le front, un point de pigment censé apporter protection et chance.
Même si on ne croit évidemment pas qu’elle soit une déesse, on se plie au rituel. L’atmosphère est étrange. Très silencieuse. Sur les murs, plusieurs photographies. La mère nous montre fièrement des visiteurs célèbres : des responsables politiques népalais, le président, le premier ministre… et même Morgan Freeman, venu recevoir la bénédiction lors d’un voyage.
La Kumari reste immobile pendant toute la rencontre. On ressort avec beaucoup de questions. Car derrière la fascination, cette tradition soulève aussi beaucoup d’interrogations. Pendant longtemps, les Kumaris ne pouvaient pas quitter le temple, ni aller à l’école comme les autres enfants. Aujourd’hui les choses ont un peu changé : certaines suivent des cours à domicile et peuvent sortir plus régulièrement. Mais leur vie reste très différente de celle des autres enfants.
Quand leur rôle prend fin, elles doivent réapprendre une vie normale. Certaines racontent que le retour à la vie ordinaire peut être difficile après avoir été vénérées comme une déesse pendant des années. Une croyance populaire longtemps répandue affirme que se marier avec une ancienne Kumari porterait malheur, voire provoquerait la mort prématurée du mari. Cette superstition a rendu la vie de certaines anciennes Kumaris compliquée, notamment pour trouver un époux. Cependant, plusieurs anciennes Kumaris se sont mariées ces dernières décennies, car cette croyance est de plus en plus remise en question notamment chez les nouvelles générations. On dit parfois que certaines anciennes Kumaris auraient fini dans la prostitution. Les recherches montrent plutôt que ce phénomène est très marginal et largement exagéré. Le vrai problème est plutôt l’adaptation sociale après des années passées dans un rôle sacré : retour à l’école, relations sociales, regard des autres.
En sortant du temple, on reste silencieux quelques minutes. Ce qu’on vient de voir est à la fois fascinant, déroutant et un peu troublant. Une enfant qui passe sa journée assise sur un trône pendant que des adultes viennent s’agenouiller devant elle au nom des traditions… Des questions plein la tête mais que nous avons gardé pour nous : Va t’elle à l’école ? Fait-elle cela toute la journée ? Est-ce une bénédiction pour elle ? Est ce qu’elle se considère elle-même comme une enfant ? Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander ce qui se passe dans la tête de cet enfant : attend-elle ses premières règles comme une suprême délivrance de ce fardeau qui la force à passer son temps sur un trône devant des spectateurs la vénérant ? Ou, les craint-elle comme étant le synonyme de la fin d’un superbe privilège : être une déesse aux yeux des hommes et accessoirement faire vivre sa famille (à 12 ans) par les offrandes qui lui sont données. C’est d’autant plus étonnant que la tête de la petite se retrouve sur toutes les cartes postales vendues à Katmandou.
Après cette rencontre hors de notre monde, nous visitons quelques temples (dont un où des mendiants vendent des sculptures peintes à la même. Nous craquons pour quelques roupies). Direction ensuite, différentes boutiques vendant de l’artisanat du commerce équitable. Pas mal de belles choses. Peut-être qu’on reviendra acheter quelque chose avant de quitter le pays.
Taxi pour retourner vers Kathmandu Durbar Square. Le trajet est long. Embouteillages énormes. Et surtout une pollution terrible. Depuis notre arrivée on a souvent la gorge irritée. Les gaz d’échappement, les motos, les vieux véhicules… l’air est très chargé. C’est probablement la ville la plus polluée qu’on ait visitée. Le taxi doit finalement nous déposer à une dizaine de minutes à pied. Les routes sont fermées. Les préparatifs du festival de fin de mousson ont commencé. Des processions traversent les rues. Des hommes déguisés en divinités marchent au milieu de la foule. Sur Durbar Square on installe des structures en bois, des statues, des autels remplis de bougies. L’ambiance est très animée.




On retourne au même bar que l’autre soir pour regarder le coucher de soleil. On commande des bières et des momos végétariens. Mais la pluie arrive. Pas de coucher de soleil aujourd’hui. En rentrant, la pluie devient torrentielle. On passe acheter le masque népalais qu’on avait repéré plus tôt. On court presque jusqu’à l’hôtel. Dîner simple dans la chambre.
Encore une journée très dense. Katmandou ne nous laisse vraiment pas respirer. Mais on adore ça.
Infos pratiques – Jour 3 :
Rejoindre Patan depuis Katmandou
- Patan se situe à environ 5 km au sud de Katmandou, de l’autre côté de la rivière Bagmati. Options pour s’y rendre depuis Thamel :
- Taxi : 20 à 35 minutes selon la circulation. Prix moyen : 700 à 1000 NPR (5–8 €)
- Applications : inDrive ou Pathao souvent moins chères
- La circulation entre Katmandou et Patan peut être très dense, surtout en fin de journée.
- GPS : 27.6730, 85.3240
Patan Durbar Square
- Entrée : 1000 NPR (~7 €)
- Horaires : environ 8h – 18h
- Le billet donne accès : à la place Durbar Square, au Patan Museum, au palais royal et à plusieurs cours historiques
- GPS : 27.6731, 85.3246
Hiranya Varna Mahavihar
- Entrée : environ 100 NPR
- Temps de visite : 30 à 45 minutes
- GPS : 27.6717, 85.3243
Kumari Temple
- Entrée : souvent incluse dans la visite ou petite offrande
- Visite très courte : 10–15 minutes
- GPS : 27.6720, 85.3237
Jour 04 :
Réveil naturel vers 08h30. On prend le temps ce matin. Petit déjeuner dans le même café du quartier de Thamel : cappuccino, toasts avocat, œuf et fromage grillé. On commence à prendre goût à ces petits cafés occidentaux qui pullulent dans le quartier.
On passe ensuite acheter nos billets de bus pour notre prochaine étape : Bandipur. Les billets en poche, on loue un scooter pour la journée. Joséphine appréhende un peu le scooter.Ici, la circulation n’a pas vraiment de règles visibles. Hugo insiste un peu et promet d’y aller doucement. Finalement, on se lance.
Direction Bhaktapur, à environ 13 kilomètres à l’est de Katmandou. Sur la carte, la distance paraît ridicule. En réalité, il nous faudra 45 minutes pour parcourir ces quelques kilomètres. La circulation dans la vallée de Katmandou est un chaos permanent avec scooters dans tous les sens, bus qui doublent n’importe comment, camions, klaxons et poussière.
Sur la route, un autre petit stress s’ajoute car le permis international d’Hugo ne l’autorise pas officiellement à conduire des scooters. Or ici, c’est bien ce permis qui est demandé lors des contrôles, pas le permis national. On évite donc soigneusement les regards des policiers qui régulent la circulation. Après plusieurs zigzags entre les scooters et quelques frayeurs, on arrive finalement à Bhaktapur. Et comme souvent dans la vallée… il faut payer.
Et cette fois, l’entrée est salée. 15 dollars par personne pour les étrangers. Les visiteurs venant de pays hindous paient environ la moitié. Hugo tente quand même une petite improvisation. Il montre son tatouage sri-lankais et se met à chanter l’hymne du Sri Lanka pour essayer de se faire passer pour un local. Les agents éclatent de rire… mais refusent catégoriquement. Ouppss. On paie.
Baktapur est une petite cité médiévale aux allées pavées de briques où se côtoient palais de style newars, temples-pagodes à toits multiples et un artisanat florissant. La ville est en effet réputée pour la sculpture sur bois. De nombreuses boutiques de la ville vendent des reproductions miniatures des pièces les plus connues. La ville a su conserver l’ambiance Intemporelle d’un village traditionnel newar. Elle n’abrite pas moins de 3 places bordées de temples comptant parmi les plus beaux édifices religieux du pays. La vie culturelle newar suit aussi paisiblement son cours dans les charmantes ruelles.















De nombreux guides nous interpellent pour nous proposer leur service et n’hésitent pas à être insistants voir même à bouder quand nous refusons. Sur le site, nous sommes émerveillés. La ville s’organise autour de plusieurs grandes places historiques. On commence par explorer le Bhaktapur Durbar Square. La place n’a rien à envier au Durban Square de Katmandou et de Patan. Une atmosphère plus calme y règne. Des cafés installent leurs terrasses directement entre les temples. Des vendeurs de glaces et de yaourts attirent les visiteurs. On croise quelques groupes scolaires népalais et beaucoup de touristes indiens.
Certains temples ont un style clairement newar, avec briques rouges et bois sculpté. D’autres sont plus influencés par l’architecture indienne. On remarque notamment de grandes statues d’éléphants, de lutteurs et de griffons gardant les escaliers des temples. On tombe ensuite sur une sorte de bassin cérémoniel entouré de sculptures de serpents et de robinets métalliques représentant des déesses. Un soldat armé garde l’endroit. À côté se trouve un temple réservé aux hindous, auquel nous n’avons pas accès.





On continue ensuite vers Taumadhi Square, dominée par le spectaculaire Nyatapola Temple. Ce temple à cinq étages est l’un des plus impressionnants du Népal. Les escaliers sont gardés par des statues gigantesques représentant des lutteurs, des éléphants et des créatures mythologiques. On s’installe ensuite au Café Harati, qui surplombe la place. Thé glacé au citron. La vue est superbe.



En continuant la balade, on décide de goûter une spécialité locale dans une minuscule échoppe. L’endroit n’a même pas de nom. Depuis 50 ans, ils ne servent qu’un seul plat : une galette de lentilles noires et vertes frite sur une plaque chaude, accompagnée d’une sauce aux pois chiches, d’un œuf et d’une petite salade de pommes de terre. La salle de repas est très basse. De nombreux clients sont attablés mangeant leur repas dans la fumée des cuisines. On accompagne le repas d’un yaourt traditionnel de Bhaktapur, fait à partir de lait de buffle et de vache. Il est sucré, légèrement épicé et servi dans un petit bol en argile posé sur de la glace pilée. Très riche. Très crémeux. Hugo complète le tout avec une glace à l’amande amère.


On arrive ensuite à Pottery Square. La place est recouverte de pots et de jarres en train de sécher au soleil. Des artisans façonnent l’argile directement sur place. Certains disposent leurs productions au centre de la place pour le séchage avant la cuisson dans de grands fours. On apprend que plusieurs de ces fours ont été offerts par le gouvernement australien après le séisme de 2015.






On visite ensuite une école de peinture de mandalas. Les artistes travaillent en silence sur des dessins extrêmement détaillés. Certains mandalas nécessitent plus de huit mois de travail. La précision des traits est impressionnante.





En continuant à se perdre dans les ruelles, on tombe sur un petit temple où plusieurs vieux hommes jouent aux cartes.












Un peu plus loin, on découvre une grande maison recouverte de bas-reliefs en poterie représentant différents métiers artisanaux. Un homme nous interpelle et nous propose de visiter sa maison. En réalité sa maison est un mélange entre un musée de bois sculpté et une usine en papier recyclé. C’est lui qui produit et fournit tous les vendeurs du coin en carte postale, affiche, et autre. Cela doit lui rapporter de l’argent car le lieu est absolument magnifique et richement décoré avec des objets antiques et des sculptures en bois qu’il continue à faire fabriquer pour son plaisir. C’est un collectionneur. Après nous avoir fait visiter la demeure et les machines (Il nous montre tout le processus : cuisson de la pâte, fabrication des feuilles, séchage), il nous emmène dans sa boutique (il fallait s’en douter). Nous achetons des cartes postales puis le quittons. Le papier artisanal à base de de lokta (Daphné) une plante utilisée depuis des siècles au Népal qui est vendu sous forme de carnets, albums, photos etc…




On reprend ensuite le scooter pour rejoindre Changu Narayan Temple, situé à environ 6 kilomètres. Le temple est l’un des sanctuaires les plus importants et les plus beaux de la vallée perchée au sommet d’une crête. Mais notre GPS décide de nous faire passer par des chemins de terre caillouteux totalement impraticables pour un scooter. Le trajet devient une petite aventure. On traverse des rizières, on fait plusieurs demi-tours. Un garagiste finit même par nous accompagner sur un morceau de route pour nous remettre sur le bon chemin. Nous avons enfin un aperçu de Katmandou, sans bruit, sans odeur d’essence et sans une multitude de scooters.
On arrive finalement au village. On gare le scooter en bas et on monte un long escalier bordé de marchands. Le temple de Changu Narayan est considéré comme le plus ancien temple hindou du Népal. Certaines sculptures datent du IVe siècle. Le bâtiment principal a été reconstruit après le séisme, mais le site reste impressionnant. Un soldat surveille l’entrée tandis qu’un prêtre effectue des rituels devant la statue de Vishnou. La vue sur la vallée de Katmandou est magnifique. On reste quelques minutes puis on redescend.







Le retour, en revanche, est beaucoup moins agréable. 20 minutes de petites routes cabossées où Joséphine préfère descendre du scooter. Puis 1h30 d’embouteillages monstrueux. Le grand festival religieux qui commence demain attire déjà des foules importantes. De nombreuses rues sont fermées. Résultat : des centaines de scooters coincés dans les rues. On finit par rentrer à Katmandou complètement épuisés. Dîner dans un petit restaurant népalais près de l’hôtel. Rien de mémorable.



Infos pratiques -Jour 4 :
Bakthapur : Comment s’y rendre depuis Katmandou ?
Taxi
- durée : 30 à 45 min
- prix : 1200 à 2000 NPR (8–15 €)
Scooter (location)
- location : 1000 à 1500 NPR / jour
- caution : souvent 100–200 USD ou passeport
- carburant : ~180 NPR / litre
Bus local
- départs fréquents depuis Katmandou
- prix : 50 à 100 NPR
- durée : 1h à 1h30
Entrée à Bhaktapur
- L’accès à la vieille ville est payant : étrangers : 1800 NPR (~15 USD / 14 €) et ressortissants SAARC (Inde, Sri Lanka, etc.) : 500 NPR
- Le ticket permet d’accéder à : Bhaktapur Durbar Square, Taumadhi Square, Pottery Square, plusieurs temples et monuments historiques.
- Le billet peut être valable plusieurs jours si vous le faites tamponner.
- Bhaktapur : GPS : 27.6710, 85.4298
- Bhaktapur Durbar Square : GPS : 27.6721, 85.4298
- Taumadhi Square : GPS : 27.6711, 85.4305
- Nyatapola Temple : GPS : 27.6710, 85.4307
- Pottery Square : GPS : 27.6718, 85.4278
Changu Narayan Temple
- GPS : 27.7169, 85.4274
- Entrée étrangers : 300 NPR
- Temps de visite : 30 à 45 min
- Considéré comme le plus ancien temple hindou du Népal dédié à Vishnou.
Jour 05 :
Réveil tranquille vers 9h. Même rituel que les jours précédents : cappuccino et tartines avocat-œufs dans un café du quartier de Thamel. On commence à bien connaître les cafés du coin. Aujourd’hui, direction Swayambhunath, le célèbre “temple des singes”.
La stupa domine la vallée de Katmandou depuis une colline à l’ouest de la ville. Selon la légende, le sanctuaire serait apparu spontanément à partir d’une fleur de lotus flottant sur un immense lac qui recouvrait autrefois toute la vallée. de Katmandou. Le bodhisattva Manjushri aurait ensuite percé une brèche dans les montagnes avec son épée pour drainer l’eau et rendre la vallée habitable. Les géologues ont bien confirmé l’existence d’un lac glaciaire. Ce magnifique stûpa orne le sommet de la colline à l’ouest de Katmandou depuis au moins l’an 460. La cité fut fondée à cet endroit en partie en raison de sa proximité avec le centre de pèlerinage fréquenté de Swayambhunath. Aujourd’hui le bien nommé temple des singes – en raison des macaques qui colonisent ses nombreux escaliers – est vénéré des bouddhistes comme des hindous. Des bouddhistes tibétains se retrouvent tous les jours pour un circuit rituel autour de la base de la colline sacrée.






Pour atteindre le sommet, il faut gravir une longue volée d’escaliers en pierre. Sur les marches, de nombreux mendiants. Beaucoup de femmes avec des enfants, mais aussi des pèlerins. On donne un peu d’argent, même si on sait que ce ne sera jamais suffisant.
En haut, le stupa apparaît soudain.
Le dôme blanc représente la terre. Au sommet, une flèche dorée composée de treize niveaux symbolise les treize étapes menant au nirvana. Et bien sûr, les célèbres yeux de Bouddha peints sur les quatre faces regardent la vallée dans toutes les directions. Des prêtres jettent de l’eau infusée au safran sur les arches autour du stupa, représentant les pétales de lotus dont serait née la stupa. Des centaines de drapeaux de prière flottent au vent. Chaque drapeau est couvert de mantras que le vent emporte symboliquement vers le ciel. Autour de la base du stupa, les fidèles tournent lentement dans le sens des aiguilles d’une montre en faisant tourner les moulins à prières. De grands arbres entourent la place. Leurs branches sont couvertes de drapeaux népalais.











On s’installe sur une terrasse pour observer la vie autour. Nous restons plusieurs heures à observer les rituels religieux. Des pèlerins, des moines tibétains, des touristes, des familles… et bien sûr les fameux singes macaques qui donnent au lieu son surnom de “Monkey Temple”. Après un moment, les singes se rapprochent. L’un d’eux surgit, effraie Joséphine… et vole le lassi d’Hugo avant de disparaître dans les arbres. On reste encore un moment à profiter de la vue sur la vallée de Katmandou avant de redescendre. En rentrant vers l’hôtel, on achète un ballon et une poupée pour deux petites filles qui nous avaient fait signe plus tôt. Leur réaction vaut largement les quelques roupies dépensées.





En arrivant en ville, l’ambiance a complètement changé. Les rues sont décorées. Les temples couverts d’offrandes. Des voitures stationnées avec le capot ouvert, rempli de fleurs, de fruits et d’encens. La fête d’Indra Jatra commence. C’est la célébration la plus importante de Kathmandu Durbar Square. Marquant la fin de la mousson et célébrée en l’honneur d’Indra, le Dieu de la pluie, l’exubérante fête d’Indra Jatra est la célébration la plus colorée de Durbar Square. Visiteurs et fidèles convergent en foule vers la place en quête d’un point d’observation surélevé sur le moindre socle de temple pour le spectacle. Les huit jours de festivités débutent par l’érection d’un poteau en bois phallique (un tronc d’arbre amené dans la ville après avoir été coupé dans la forêt de Nala à l’est de Katmandou). S’ensuivent des processions d’énormes charriots en bois transportant la Kumari et des effigies humaines de Ganesh et Bhairab, tirés à travers les rues par des fervents fidèles. Des lampes à beurre sont allumées, les divinités promenées en parade et des danses masquées évoquent les personnages des légendes népalaises dont le démon rouge carnivore Majpa Lakhey qui caracole dans les rues en invitant le spectateur à se joindre à la fête.







L’ambiance est incroyable. Toutes les générations participent. Les enfants, les familles, les moines, les touristes. On voit aussi le grand masque de Seto Bhairab, entièrement recouvert de fleurs, de fruits et de riz. Une foule compacte tente de boire la bière sacrée qui s’écoule de sa bouche. Une tradition depuis l’époque des rois Malla. C’est un véritable combat de force qui a pour but de s’assurer que seuls les plus vaillants auront le privilège de goûter ce divin nectar.


Plus tard dans la soirée, on monte sur le rooftop d’un bar pour observer la fête depuis les hauteurs. On commande quelques bières. Puis on redescend rejoindre la foule. On rencontre un groupe de jeunes Népalais qui nous proposent de boire avec eux. Ils insistent pour nous faire goûter leur alcool local. On accepte. La soirée devient rapidement très festive. On finit par rentrer à l’hôtel un peu éméchés… et affamés. On commande des pizzas et on les mange dans le lit.
Demain, on quitte Katmandou. Direction Bandipur.
Infos pratiques – Jour 5 :
Comment se rendre à Swayambhunath ?
Taxi
- Depuis Thamel : 10 à 15 minutes
- Prix : 400 à 700 NPR
À pied
- Durée : 30 à 40 minutes
Entrée à Swayambhunath
- GPS : 27.7149, 85.2906
- Etrangers : 200 NPR (~1,50 €)
- Ouvert toute la journée.
- Il faut ensuite monter environ 365 marches pour atteindre la stupa principale.
Jour 6 :
Ce matin, le réveil sonne à 06h15. Nous quittons Pokhara pour rejoindre Katmandou, dernière grande étape avant de poursuivre notre voyage vers l’Inde. Un taxi nous conduit jusqu’à la station de bus, où nous prenons un petit déjeuner rapide avant le départ : milk tea, café et quelques pâtisseries. Le bus part finalement vers 07h45.
Les bus touristiques sont assez confortables, et nous sommes peu nombreux à bord. Le trajet commence plutôt bien, même si l’état de la route reste très mauvais par endroits. Entre les portions de piste dégradée, les travaux et les embouteillages, la progression est lente. Heureusement, nous faisons plusieurs pauses pendant le trajet pour manger et nous dégourdir les jambes.


Au total, il nous faudra un peu plus de 10 heures pour rejoindre Katmandou. Un trajet long, mais finalement raisonnable. Certains voyageurs rencontrés la veille nous avaient raconté avoir mis plus de 17 heures à cause des inondations et des routes bloquées.


En approchant de la capitale, nous avons l’impression que les inondations récentes n’ont pas laissé de traces visibles en ville, même si l’on aperçoit encore quelques éboulis le long de la route. Nous arrivons finalement à notre hôtel vers 18h45, fatigués mais contents d’être arrivés.
Après avoir déposé nos affaires, nous partons prendre une bière au Little Buddha Café, un endroit que nous apprécions beaucoup à Katmandou. L’ambiance y est détendue et c’est toujours agréable de s’y arrêter en fin de journée.
Pour le dîner, nous choisissons le New Orleans Café, un restaurant qui propose un mélange de cuisine asiatique, népalaise et occidentale. Joséphine commande un poulet à la moutarde, tandis que Hugo opte pour un poulet satay. Une soirée simple et agréable pour conclure cette longue journée de trajet.
Infos pratiques -Pokhara → Katmandou
Bus touristique Pokhara → Katmandou
- Durée : environ 8 à 10 heures (parfois beaucoup plus selon l’état de la route)
- Distance : environ 200 km
- Le trajet entre Pokhara et Katmandou est l’un des plus fréquentés du Népal. Malgré la distance relativement courte, le voyage peut être long en raison de l’état des routes, des travaux fréquents et des embouteillages.
- Bus touristique : environ 1200 à 1800 NPR
- Bus VIP / deluxe : environ 2000 à 3000 NPR
- Les billets peuvent être achetés dans les agences de voyage de Lakeside à Pokhara, directement dans certaines guesthouses ou hôtels, aux guichets des compagnies de bus
Jour 7 :
Ce matin, réveil vers 08h30, dans le doux bruit des raclages de gorge et de l’agitation matinale. Dommage, on aurait aimé dormir. Nous allons prendre notre petit déjeuner à notre café préférée : toasts avocat, œuf, fromage et cappuccino. Ensuite, nous faisons des courses pour les derniers souvenirs : drapeaux tibétains de prière, un tapis en forme de tigre et un couteau népalais.










Finalement, nous revenons à l’hôtel pour préparer nos sacs. L’après-midi, lecture et sieste pour Hugo et étude de l’itinéraire potentiel pour le Japon par Joséphine. Vers 16h30, nous sortons boire un verre vers Durbar Square précisément au rooftop sur lequel nous avions admiré le superbe coucher de soleil le jour de notre arrivée, il y a un mois.


Demain : grand départ pour l’Inde !
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