Programme – 03 jours -Chengdu

Du 06 au 08 septembre 2024


Chengdu est une ville dont on connaît surtout les symboles. Les pandas, d’abord. La cuisine épicée du Sichuan. Une mégalopole de l’Ouest chinois, moderne, dense, moins pressée, dit-on, que Pékin ou Shanghai. Ancienne capitale du royaume de Shu, Chengdu a longtemps été un centre politique et culturel majeur du sud-ouest de la Chine. Aujourd’hui, elle est surtout l’un des moteurs économiques de la région, une ville tentaculaire, plate, quadrillée d’avenues et de gratte-ciels, mais réputée pour son art de vivre.

Mais Chengdu est aussi une ville de transition. Une frontière douce entre la Chine « intérieure » et les mondes de l’Ouest : le Sichuan rural, les montagnes, le plateau tibétain. Ici, les visages, les accents, les cuisines commencent déjà à changer.



Chengdu, que voir, que faire ?


Jour 1 :

L’arrivée se fait au ralenti. Un train de nuit d’abord, jusqu’à 5h30 du matin. Puis un autre train, de 7h à 14h30. C’est looooong. Le train est à deux étages, des cabines de quatre couchettes. Par chance, on a les places du bas. On peut s’asseoir sur la couchette. Un luxe après les heures passées allongés. Pour manger, ce sera simple : noix, mangues séchées.

À l’arrivée à Chengdu, on est frappés par la taille. Des immeubles partout. Des tours, des voies larges, un paysage urbain. Rien à voir avec ce qu’on connait du Yunnan. On rejoint l’auberge. Première priorité : une douche. Puis lancer des machines. Le strict nécessaire pour redevenir à peu près fonctionnels. Puis on ressort. Direction le monastère bouddhiste de Wenshu, l’un des plus anciens de la ville. À l’arrivée, portes closes. Dommage. On traîne quand même un peu dans le quartier. Beaucoup – vraiment beaucoup – de boutiques dédiées aux pandas. Peluches, mugs, sacs, t-shirts. Chengdu assume son emblème jusqu’au bout.

On change de plan et on se dirige vers le People’s Park. Un grand espace vert au cœur de la ville. Comme souvent en Chine, c’est là que la vie locale se concentre. Des maisons de thé traditionnelles, des barques sur le lac, des groupes qui dansent, d’autres qui jouent. L’ambiance est calme. Des personnes âgées boivent du thé, discutent, jouent au ping-pong ou à une version locale du badminton… avec les pieds.

Après la balade, on a faim. On choisit un restaurant tibétain. Très bon choix. Les plats sont différents de ce qu’on a mangé jusque-là. Dumplings et bao, oui, mais avec d’autres textures, d’autres épices, d’autres goûts. Les visages autour de nous aussi changent. La bière de Lhassa, elle, est étonnamment banale. Une copie presque parfaite de la Tsingtao.


Infos pratiques :

Lijiang → Kunming
Kunming → Chengdu
Monastère Wenshu
People’s Park

Jour 2 :

La grasse matinée était prévue. Elle n’aura pas lieu à cause du bruit des travaux de l’immeuble voisin. On abandonne. Café. Puis on se met en route. Direction Leshan. Quarante-cinq minutes de train suffisent pour quitter la mégalopole et rejoindre une ville, connue dans le monde entier pour son Bouddha monumental. À la gare, petit contretemps. Il ne reste qu’un billet pour 10h50. Le suivant est à 11h. On n’a pas le choix. Hugo part le premier. Joséphine suivra vingt minutes plus tard. À l’arrivée à Leshan, Hugo attend sur le quai avec deux petits burgers. On ne peut pas manger chinois tous les jours. Une fois le ventre rempli, on prend un bus. Quarante minutes plus tard, on arrive sur le site.

Après avoir pris le temps d’admirer ces sculptures originales, nous continuons notre chemin et arrivons devant un immense bouddha, cette fois debout, mesurant pas moins de 60 mètres. On voit sur les côtés des encoches gravées qui laissent penser que la sculpture n’a pas été terminée. Peut être faute de moyen. Après avoir visité cet ensemble, nous continuons à arpenter des allées agréables à travers la forêt. Puis, nous arrivons à un second poste de contrôle ou l’on nous demande de payer une nouvelle fois 89 yuan chacun (10 euros) pour accéder au bouddha antique. La dragée a du mal à passer. Pas le choix. C’est la Chine.

Une fois notre portefeuille allégée, nous prenons le chemin du Bouddha mondialement connu qui borde la rivière. Le débit est particulièrement impressionnant au point où nous avons l’impression, alors que nous sommes sur la roche, d’être sur un bateau qui vogue sur les flots (hisser-haut). Le Bouddha de Leshan, lui, est taillé dans la falaise du mont Lingyun. Son nom se traduit par « à hauteur des nuages« . Édifié entre 713 et 803, il doit son existence — dit la légende — à un moine bouddhiste Hai Tong, qui souhaitait protéger les marins empruntant le périlleux confluent des trois rivières : Dadu he, Qingyi et Min et prévenir les inondations de la ville de Leshan. Après la construction de ce Bouddha géant, beaucoup de pierres ont été retirées de la falaise et certaines sont tombées dans la rivière. Grâce à ces pierres, les courants ont finalement été modifiés et les eaux sont devenues sans danger pour les navires de passage.

Ce site, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1996, et premier lieu d’établissement en Chine du bouddhisme (dès le premier siècle de notre ère), est, par ses dimensions, le plus grand Bouddha du monde antérieur au XXe siècle, et la plus haute statue de Maitreya, avec ses 71 mètres de haut pour 28 mètres de large. A ce site antique, s’ajoute un ensemble de bouddhas monumentaux sculptés dans les années 1980 qui ont certes moins de charme mais qui sont tout aussi impressionnant.

Ce site est le premier lieu d’installation du bouddhisme en Chine, il est particulièrement important pour les fidèles. Les moines en profitent : payer 10 yuans pour taper 3 fois sur la cloche, 10 yuans pour des bougies, 10 yuans pour prier à notre honneur, 10 yuans pour des conseils de couple. Spiritual business.

Après avoir visité d’autres Temples, et une belle pagode nous prenons le chemin du retour en manquant de louper notre train au passage. C’était tout juste. Ce soir, retour au restaurant tibétain car Hugo veut absolument goûter la viande grillée. Au menu : travers de porc rôtis, patates sautées aux épices, pain style pitta, concombres épicés, champignons grillés au beurre de Yak et épices, raviolis au yak.


Infos pratiques :

Chengdu → Leshan (train)
Gare de Leshan → Site du Bouddha
Site du Bouddha de Leshan

Jour 3 :

Aujourd’hui, levés à 06h du matin. L’objectif est d’aller voir les pandas de Chengdu. Chengdu est une mégalopole de plus de 10 millions d’habitants. La banlieue n’est qu’un enchaînement de tours d’habitations plus hautes les unes que les autres. Notre auberge de jeunesse se situe dans le quartier de Chunxi road qui abrite une zone piétonne avec plus de 700 magasins. La ville est réputée pour être une des villes les plus polluées de Chine (il fait gris, gris, gris et chaud !). Bref, nous nous n’y attardons pas. Toutefois, Chengdu est réputée pour ses pandas. Ces grosses boules de poils adorables sont les animaux emblématiques du pays.

Le Centre de recherche sur le Panda géant est un organisme à but non lucratif consacré à l’étude et la reproduction en captivité du panda géant. Après avoir détruit l’habitat naturel des pandas avec de multiples constructions et utilisé les oursons comme cadeaux diplomatiques auprès des pays étrangers, les autorités chinoises se sont aperçus que l’espèce était en voie d’extinction avec moins de 2000 spécimens dans le monde. En 1987, la base de Chengdu ouvrit ses portes avec seulement 6 pandas. Les vétérinaires et biologistes ont découvert la difficulté de reproduire des pandas. En effet la femelle n’est féconde que quelques heures par an et le mâle a besoin de conditions particulières pour s’accoupler. Les chercheurs ont également travaillé sur la préservation des bébés jumeaux, assez fréquente mais dont l’un des bébés est systématiquement abandonné par la maman. Par une technique d’échanges de bébés, les vétérinaires chinois réussissent à maintenir en vieles bébés jumeaux. Chaque naissance est une petite victoire, car malgré tout ce travail, il n’y a quequelques naissances de pandas par an. Pour financer ces recherches, les chinois travaillent en étroite collaboration avec les zoos du monde entier. Les pandas sont loués auxzoos étrangers pour un million de dollars par an avec des contrats sur les conditions d’accueil. Si un bébé né à l’étranger, la naissance est encadrée par des soigneurs chinois et le bébé devra rentrer au pays au bout de 3/4 ans pour rejoindre la base de Chengdu. Le but est la réintroduction des pandas dans leur milieu naturel. Pour cela les nouvelles générations d’enfants chinois sont sensibilisées à la préservation de ces espèces en voie de disparition.

Nous arrivons donc à l’ouverture du centre (vers 7h45) après avoir emprunté un métro et un bus. Le site est déjà bondé. Pas de chance pour nous, c’est le weekend. Nous faisons la queue en espérant croiser un panda à l’extérieur dans les enclos géants. Dès les premières minutes, nous en apercevons un de dos. Youpi. Nous déchantons par la suite, car nous faisons 45 minutes de queue pour ne voir aucun panda. Les pandas ne sont actifs que le matin (avant 10h) pour le repas de bambous. Après, ces gros nounours sont fatigués et digèrent leur repas à l’aide d’une bonne sieste le reste de la journée.

Avec la chaleur, les soigneurs ont dû rentrer les pandas dans les enclos intérieurs car ils sont trop sensibles et ne supportent pas le soleil à outrance. Nous passons donc d’enclos en enclos pour les observer. Nous sommes un peu déçus de ne pas pouvoir les observer dans la nature mais sommes tout de même très heureux d’avoir l’opportunité de les voir. C’est tellement rare. Ils sont vraiment drôles, de sortes de gros chamallows. Le parc est très grand et à différentes zones aménagées pour les pandas : parcs extérieurs, intérieurs, nurseries, centre de soin… En plus des pandas noirs et blancs, nous pouvons observer les pandas roux. Ces derniers plus communs sont tout aussi adorables. Eux sont à l’extérieur et bien vifs. Ils se promènent d’arbre en arbre, jouent avec la glace, mangent… Nous passons la matinée à les observer.

Le panda est un véritable business ici : des boutiques proposant une multitude de babioles à l’effigie du nounours. Tous les chinois ont un masque avec des oreilles de panda. Les petites filles, des robes de panda. Et beaucoup, de grosses peluches. Nous rentrons à l’auberge vers 12h. Nous décidons de manger quelques raviolis avant de prendre le train pour notre dernière étape en Chine : Songpan.

Après 3h de train, nous arrivons dans la vieille ville de Songpan. C’est absolument incroyable. Une ambiance authentique, sans aucun touriste. C’est l’un de nos coups de cœur. Nous pouvons avoir un aperçu de la culture tibétaine sans se rendre au Tibet. C’est la dernière ville avant le “Toit du monde”, le plateau de l’Amdo.

Ici, nous observons les habitants vêtus de leurs vêtements traditionnels. Les coiffes des femmes sont différentes. Beaucoup de personnes ont des chapeaux types cowboys. Il y a également un quartier musulman. Des barbecues de yaks partout. Les objets d’artisanat différent aussi notamment les couteaux. Nous passons le reste de l’après-midi à parcourir le marché (et ses multiples stands de champignons et le poivre du Sichuan), observer les habitants.

Le soir, petit restaurant de quartier : poulet aux champignons et poivrons, patates râpées, concombres épicés et riz. Dodo. Nous dormons dans un jolie hôtel en bois dans la vieille ville. Un peu cher néanmoins pour la chambre : ici.


Infos pratiques :

Chengdu Research Base of Giant Panda Breeding – base des pandas

Il existe aussi des navettes internes payantes pour se déplacer plus vite sur place (bus/golfette) : environ 30 RMB / pers. (pass valable pour plusieurs trajets dans la journée).

Réservation
Transport depuis le centre de Chengdu
Train Chengdu → Songpan

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