Programme – 03 jours -Pokhara

23 au 25 septembre 2024 & du 06 au 07 octobre 2024

Située au bord du lac Phewa, Pokhara est la deuxième plus grande ville du pays, mais elle donne l’impression d’être à taille humaine. Ici, on peut prendre le temps. On marche le long de l’eau, on s’arrête dans un café avec vue sur les montagnes, on regarde les barques glisser doucement sur le lac.

Ce qui rend Pokhara unique, c’est le décor. Par temps clair, la chaîne des Annapurnas se dessine juste en face, avec notamment le Machapuchare, cette montagne au sommet en forme de queue de poisson. C’est assez incroyable de voir ces sommets se refléter dans le lac au lever du soleil.

L’ambiance est très différente du reste du pays. Plus calme, plus détendue. Le quartier de Lakeside concentre la plupart des voyageurs, avec ses restaurants, ses boutiques et ses agences de trekking. C’est souvent un point de départ ou de retour pour les treks dans les Annapurnas.

Il y a quelque chose de vraiment apaisant ici. Entre deux excursions, on peut simplement profiter. Louer une barque, se perdre dans les petites rues, ou monter jusqu’à un point de vue pour observer les montagnes changer de couleur au fil de la journée. Les environs offrent aussi pas mal de découvertes : cascades, grottes, temples…

Bref, non seulement Pokhara est une porte d’entrée vers l’Himalaya mais c’est aussi un lieu où l’on a envie de rester plus longtemps que prévu.


Que faire à Pokhara ?


Jour 1 :

Debout vers 6h30. Nous devons prendre le bus pour Pokhara à 7h30. Un café pour Hugo, un thé pour Joséphine, et nous voilà repartis sur les routes du Népal.

Le trajet est… abominable. La route reliant Chitwan à Pokhara ressemble beaucoup à celle que nous avions empruntée entre Katmandou et Bandipur : une alternance de pistes défoncées et de courts tronçons bétonnés qui ne dépassent parfois pas quelques dizaines de mètres. Le bus avance lentement, secoué dans tous les sens, et la poussière envahit tout.

Nous apprendrons d’ailleurs dans un journal local que les habitants des villages bordant la route ont organisé des blocages et des grèves pour protester contre l’état de cette route. On comprend facilement leur colère : en plus de rendre les trajets interminables, la poussière soulevée provoque aussi des problèmes de santé pour les habitants. Pour passer le temps, nous regardons Netflix sur nos téléphones. Impossible de lire dans ces virages permanents : vomito assuré. Pour parcourir 130 kilomètres, il nous faudra finalement un peu plus de six heures.

Et comme si cela ne suffisait pas, vingt minutes après le départ, le chauffeur vient nous voir. Hugo a oublié son téléphone à l’hôtel à Chitwan. Heureusement, le propriétaire promet de l’envoyer dans le bus du lendemain. Nous arrivons enfin à Pokhara en début d’après-midi.

Direction l’hôtel pour une douche bien méritée. La ville paraît immédiatement plus organisée et plus détendue que celles que nous avons traversées jusqu’ici. Pendant que Joséphine se bat avec les formulaires pour terminer les visas pour l’Inde, Hugo part au bureau touristique de Pokhara pour régler les permis nécessaires au trek que nous allons commencer dans deux jours : dix jours dans les Annapurnas. Autant dire que nous risquons d’être coupés du monde pendant un moment.

Une fois ces formalités réglées, nous faisons un peu de shopping pour la randonnée dans la rue commerçante principale : chaussettes, petits équipements, quelques dernières vérifications avant le départ. En fin d’après-midi, nous marchons jusqu’au lac Phewa Tal, l’un des lieux les plus emblématiques de Pokhara.

Au bord du lac se trouve un grand terrain de football où sont installés plusieurs vendeurs de street food. Les stands proposent surtout les mêmes spécialités que partout ailleurs au Népal. Après la mauvaise expérience culinaire de Chitwan, nous préférons rester prudents. L’ambiance est très agréable. Les enfants jouent au cerf-volant, les familles se promènent, et le paysage est superbe. Devant nous s’étend un immense lac entouré de collines verdoyantes. Au loin, lorsque les nuages se dissipent, apparaissent les premiers sommets enneigés des Annapurnas.

Le soleil commence à descendre et éclaire les nuages de teintes jaune et orangé. Nous nous installons en terrasse pour profiter de la vue. Au menu : une bière et des sadheeko cacahuètes, une salade népalaise composée de tomates, d’oignons, de cacahuètes, de piment et de coriandre. On adore!

Nous continuons ensuite notre balade en ville avant de chercher un restaurant pour dîner. Et surprise : nous tombons sur un restaurant turc. Kebab, falafel, houmous… Après plusieurs semaines en Asie, l’appel du Moyen-Orient est irrésistible. Ce n’est évidemment pas aussi bon qu’en Turquie, mais c’est déjà fantastique.

Après le dîner, nous passons acheter nos billets de bus pour l’après-trek. Retour à l’hôtel.


Infos pratiques J1 :

Trajet Chitwan → Pokhara
Permis de trek pour les Annapurnas

Pour randonner dans la région des Annapurnas, deux permis sont généralement demandés.

Où acheter les permis à Pokhara

Jour 2 :

Réveil vers 8h, sans réveil pour une fois. Après plusieurs journées à enchaîner bus et excursions, ce matin plus tranquille fait du bien. Petit déjeuner à l’hôtel : cappuccino, œufs au plat pour Joséphine et pancakes à la banane pour Hugo. Un départ en douceur.

Nous décidons de commencer par la vieille ville de Pokhara, bien moins fréquentée par les touristes. La plupart des voyageurs restent autour du lac Phewa, dans le quartier de Lakeside, où se concentrent hôtels, restaurants et agences de trek. C’est aussi là que les paysages sont les plus spectaculaires. La vieille ville se trouve à environ une heure de marche.

En arrivant, l’atmosphère change immédiatement. On y trouve encore quelques vieilles maisons newars, même si elles sont moins nombreuses qu’à Bandipur ou dans la vallée de Katmandou. Les boutiques sont très différentes de celles destinées aux touristes : tresseurs de paniers, potiers, orfèvres, vendeurs d’objets religieux… Les étals proposent des offrandes, des statuettes et des peintures religieuses.

Nous poursuivons la visite jusqu’au petit temple de Bhimsen, situé au milieu d’un carrefour animé. Construit il y a environ 200 ans, il est dédié à Bhimsen, le dieu newar du commerce. Comme dans beaucoup de temples de la région, certaines sculptures représentent des scènes érotiques, symbole de fertilité et de protection. Autour de la place, plusieurs boutiques vendent paniers et céramiques.

Nous continuons ensuite vers le temple de Bindhyabasini, situé sur une petite colline. Construit au XVIIᵉ siècle, il est consacré à Durga, l’incarnation guerrière de Parvati, vénérée ici sous la forme d’un Shaligram, une pierre fossile symbolisant Vishnu. De nombreux fidèles viennent y déposer des offrandes. Mais ce qui nous attire surtout ici, c’est la vue sur Pokhara. Depuis la colline, la ville s’étend au milieu des collines couvertes de forêts et de terres agricoles.

Alors que nous admirons le paysage, une averse éclate soudainement. Tout le monde se réfugie sous les abris du temple. Après une dizaine de minutes, la pluie cesse et nous reprenons notre chemin. Nous retournons à l’hôtel pour déposer quelques achats pour le trek.

Ensuite, direction la station de bus touristique. Hugo doit récupérer son téléphone oublié à Chitwan et envoyé par le gérant de l’hôtel dans le bus du jour. En attendant, nous buvons un milk tea, l’une des boissons les plus populaires du Népal, parfumée aux épices. C’est là que nous rencontrons un habitant de Pokhara qui engage la conversation. Sa fille a vécu en Belgique et à Lille. Le monde est décidément petit.

Après cette pause, nous partons pour la Pagode de la Paix (World Peace Pagoda), construite sur une colline dominant la ville. Cette pagode blanche a été construite au XXᵉ siècle par des moines de l’organisation bouddhiste japonaise Nipponzan Myohoji, qui ont construit plusieurs pagodes de ce type dans le monde pour promouvoir la paix. La vue sur le lac Phewa est superbe. Malheureusement, les nuages cachent complètement les sommets de l’Himalaya. Mais le lieu reste très beau.

Après avoir fait le tour de la pagode, nous nous installons dans un petit café pour goûter un café cultivé dans la vallée de Pokhara. Surprenamment bon et très parfumé.

En redescendant, un grand-père nous interpelle et commence à discuter avec nous. La conversation dure un moment, puis il finit par nous proposer… de tester sa marijuana. La scène nous fait beaucoup rire.

Le sentier de descente traverse ensuite une magnifique forêt qui a poussé sur d’anciennes terrasses agricoles. Le paysage nous rappelle un peu les terrasses de l’Aveyron ou de l’Ardèche. Nous apercevons même quelques girolles, mais il y en a trop peu pour se lancer dans une cueillette. Au pied de la colline, une nouvelle averse éclate. Nous attendons un moment sous un abri avant de reprendre la route. Le chemin traverse des rizières et de petits villages avant de rejoindre Pokhara.

Nous passons ensuite devant un stand proposant des vols en ULM. C’est une activité très populaire ici, notamment pour admirer les Annapurnas depuis le ciel. Les prix sont exorbitants… et nous refroidissent.

À la recherche d’un abri contre la pluie, nous nous réfugions dans un bar occidental. L’occasion de s’offrir un petit plaisir avant le trek : vin rouge, nachos et pizza (dernier repas avant le trek de 12 jours. Il faut bien cela pour se donner du courage). En rentrant à l’auberge, après une grosse discussion avec les gérants, nous décidons de reporter le trek à après-demain. La pluie continue à tomber et l’orage gronde de plus en plus fort. Le risque de glissement de terrain est très élevé. Les accidents routiers sont très fréquents au Népal. Par sécurité, il est préférable de ne pas tenter le diable.

Un peu de frustration… mais c’est la décision la plus raisonnable.


Infos pratiques J2:

Temple de Bhimsen
Temple de Bindhyabasini
World Peace Pagoda
Vols en ULM à Pokhara

Jour 3 :

Ce matin, nous prenons notre temps pour nous réveiller. La pluie tombe toujours dehors. Finalement, nous sommes plutôt contents d’avoir reporté le départ du trek. Au lieu de marcher sous l’orage dans les Annapurnas, nous profitons de cette journée supplémentaire à Pokhara pour faire quelques achats nécessaires pour la randonnée… et continuer à explorer la ville.

La journée commence par un bon petit déjeuner dans une pâtisserie allemande installée à Pokhara. Au menu : cinnamon roll pour Hugo, œufs sur le plat pour Jo, accompagnés de deux bons cafés. On prend le temps de discuter tranquillement de la suite du voyage, notamment de notre programme en Inde, qui approche à grands pas.

Ensuite, direction les boutiques de trek du quartier Lakeside. Ici, on trouve de nombreux équipements de randonnée à des prix très abordables. Certaines marques connues comme The North Face, Columbia ou Kathmandu sont largement présentes… même si beaucoup de produits sont fabriqués localement. Pantalons de randonnée, sacs, gourdes, petites pochettes : nous complétons notre équipement pour les dix jours à venir. La qualité semble plutôt bonne, surtout pour les prix pratiqués.

Une fois ces achats terminés, nous partons visiter l’un des sites les plus connus de la ville : les chutes de Devi. L’endroit est impressionnant. La rivière disparaît brusquement dans une fissure et s’engouffre sous terre dans un fracas énorme. Une légende locale raconte que le nom “Devi’s Falls” viendrait d’un touriste suisse nommé Devi, qui se serait noyé ici avec sa petite amie en 1961 alors qu’ils nageaient dans la rivière. Leurs corps auraient été retrouvés plusieurs jours plus tard dans la rivière Phurse. Le nom népalais du site est pourtant Patale Chhango, qui signifie littéralement “la chute souterraine”.

Un peu plus loin, nous visitons une grotte qui permet d’approcher la rivière souterraine. L’endroit a été transformé en lieu de culte. Une stalagmite sert de représentation à une divinité associée à Shiva, entourée de trois têtes de serpent. L’atmosphère est un mélange étonnant de nature brute et de spiritualité.

Après cette visite, nous reprenons tranquillement le chemin de l’hôtel. En route, nous mangeons des momos (oui, nous mangeons plus qu’en Chine), en regardant des jeunes jouer au volley. Une fois à l’hôtel nous préparons plus en détail notre itinéraire en Inde.

De retour à l’hôtel, nous passons un moment à préparer plus en détail notre itinéraire en Inde. La prochaine étape du voyage commence déjà à se dessiner. Puis, en soirée, nous décidons de nous offrir un dernier petit plaisir avant le trek. Direction une crêperie française installée à Pokhara, dont une autre adresse existe aussi à Katmandou.

Retour à l’hôtel. Les sacs sont prêts. Demain, départ pour le trek dans les Annapurnas.


Infos pratiques J3 :

Chutes de Devi
Grotte de Gupteshwor Mahadev

Jour 1 après le trek des Annapurnas :

Après avoir rangé nos affaires et préparé un sac de linge sale, nous partons nous promener au bord du lac Phewa, l’un des endroits les plus agréables de Pokhara. Nous nous installons dans un petit restaurant pour déjeuner. Au menu : salade grecque. Après plusieurs jours à manger essentiellement du dal bhat, des nouilles et des momos, retrouver des légumes frais fait un bien fou.

Nous rentrons ensuite tranquillement à l’hôtel pour continuer le rangement et nous occuper de nos liseuses. Cela faisait plusieurs jours que nous n’avions pas accès à internet, et nous profitons de l’ordinateur prêté par les propriétaires de l’hôtel (toujours aussi adorables) pour faire les mises à jour et télécharger de nouveaux livres.

L’après-midi se poursuit tranquillement sur la terrasse de la guesthouse, un livre à la main. Le rythme est lent, presque étrange après l’intensité des journées de marche. Plus tard, nous partons voir un couturier de Pokhara pour faire réparer et améliorer nos sacs de trek. Nous lui demandons notamment de coudre les patchs des pays visités, une petite tradition de voyage qui commence à donner du caractère à nos sacs. Dans la foulée, nous faisons quelques achats en ville.

En fin d’après-midi, direction un petit bar pour un apéritif bien mérité. Nous commandons des jus frais (mangue, ananas agrémentés de rhum, citron et eau pétillante). Nous en profitons pour revenir sur ces dix jours de trek, partager nos impressions et faire le bilan de cette aventure incroyable.

Sur le chemin du restaurant, un homme propose aux passants de se peser sur une vieille balance contre quelques roupies. Hugo tente l’expérience. Verdict : 9 kilos perdus depuis le début du voyage. Waaaah. Il est clair qu’il va falloir compenser, haha. Le dîner est donc tout trouvé : pizza. Et elles sont excellentes.


Pokhara – Jour 2 après le trek

Nous poursuivons la matinée dans la rue principale de Lakeside, où se concentrent la plupart des boutiques et des magasins de trekking. Nous en profitons pour faire quelques courses et surtout récupérer nos sacs réparés chez le couturier. Les patchs des pays visités ont été cousus et les petites réparations faites : nos sacs reprennent une seconde vie.

Nous retournons ensuite tranquillement à l’hôtel pour ranger nos affaires en vue du départ pour l’Inde, remettre un peu d’ordre dans nos sacs et mettre à jour nos liseuses. L’après-midi est calme et nous en profitons même pour faire une petite sieste.

En fin de journée, nous retrouvons Ashley, notre amie américaine rencontrée pendant le trek, vers 16h30. Ensemble, nous prenons la route de Sarangkot, un point de vue célèbre situé sur les hauteurs de Pokhara, réputé pour ses levers et couchers de soleil.

Nous nous installons dans un bar avec vue panoramique sur la vallée. D’ici, on réalise à quel point Pokhara est grande, bien plus que ce que l’on imagine en restant seulement autour du lac. La vue sur le lac Phewa et la ville est magnifique. Nous discutons longuement avec Ashley, notamment des points communs et des différences entre la polarisation politique aux États-Unis et en France. Le coucher de soleil est joli, même si des nuages viennent malheureusement cacher une partie des sommets de l’Himalaya.

Sur le chemin du retour, nous passons devant un mariage népalais. Notre chauffeur de taxi nous explique certaines coutumes locales. La mariée, par exemple, ne doit pas marcher le jour de son mariage : elle est portée ou accompagnée avec précaution car elle est considérée comme une reine pour la journée. Malgré l’effervescence et les décorations, nous remarquons qu’elle semble triste. Le chauffeur nous explique que c’est normal : après le mariage, la mariée doit quitter sa famille pour vivre dans celle de son mari et ne peut souvent pas revoir les siens pendant un certain temps. Le mariage représente donc une véritable séparation, d’où cette émotion visible.

Au restaurant, nous rencontrons également des couples suisses-népalais, avec qui nous discutons voyage, culture et montagne. L’ambiance est chaleureuse, avec même un petit concert qui anime la soirée. Nous serions bien restés plus longtemps, mais il faut rentrer. Les sacs doivent être prêts.


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