Trek des Annapurnas : guide pratique complet

Permis, itinéraires, équipement, transports, conseils…

Le trek des Annapurnas est l’un des treks les plus célèbres du monde. Situé dans la région de l’Annapurna Conservation Area au Népal, il offre des paysages spectaculaires entre vallées verdoyantes, villages himalayens et sommets dépassant les 8000 mètres.

Contrairement à d’autres régions de l’Himalaya, ce trek reste relativement accessible, car les villages sont nombreux et les lodges permettent de marcher sans équipement d’expédition.

Voici toutes les informations pratiques essentielles pour organiser votre trek dans les Annapurnas.


Les permis obligatoires :

Depuis 2023, les règles ont changé au Népal.

Permis ACAP (Annapurna Conservation Area Permit)
  • Ce permis permet d’entrer dans la zone protégée des Annapurnas.
  • Prix : 3000 NPR (environ 22 €)
  • Où l’acheter : Kathmandu – Nepal Tourism Board ou Pokhara – Tourism Office (Damside)
  • Documents nécessaires : passeport et 1 photo d’identité
TIMS Card (Trekkers Information Management System)

La TIMS Card (Trekkers’ Information Management System) était pendant longtemps l’un des permis obligatoires pour presque tous les treks au Népal. Elle servait à enregistrer les trekkeurs pour des raisons de sécurité, de statistiques et de secours en montagne. Pour la région des Annapurnas, la TIMS Card n’est plus obligatoire depuis 2023. Le seul permis officiellement requis est ACAP -Annapurna Conservation Area Permit. Ce permis sert à financer la protection de la zone naturelle et à enregistrer les trekkeurs dans le parc.


Les points de contrôle (checkpoints) :

Tout au long du trek, vous devrez passer par plusieurs checkpoints.

À chaque passage, les rangers enregistrent :

  • votre nom
  • votre nationalité
  • votre numéro de permis
  • votre itinéraire

Ces contrôles permettent :

  • de suivre les randonneurs
  • d’organiser les secours en cas d’accident

Les principaux checkpoints se trouvent généralement :

  • Besisahar
  • Dharapani
  • Chame
  • Manang
  • Thorung Phedi
  • Muktinath

Les contrôles sont rapides : il suffit de montrer votre permis ACAP.


Guide obligatoire (nouvelle réglementation) :

Depuis avril 2023, le gouvernement népalais impose officiellement : un guide agréé obligatoire pour les treks dans les parcs nationaux

Cependant dans la pratique ce n’est pas obligatoire. On a décidé de le faire sans guide et personne n’a rien dit. Dans les Annapurnas, il est encore fréquent de voir des trekkeurs indépendants.


Engager un guide ou un porteur :

Beaucoup de randonneurs choisissent de marcher avec un guide ou un porteur.

Le guide

Rôle :

  • navigation
  • gestion de l’itinéraire
  • sécurité
  • organisation des lodges

Prix : 25 à 35 € par jour

Le porteur

Le porteur transporte généralement 15 à 20 kg. Il porte souvent le sac de deux trekkeurs. Le prix varie de 20 à 25 € par jour.

Le porteur marche souvent plus vite que les randonneurs et vous retrouve au lodge suivant.

Dans la région des Annapurnas, il est très courant d’engager un porteur pour transporter une partie ou la totalité de son sac. Cela permet de marcher plus confortablement et soutient aussi l’économie locale. Pourtant, pour notre part, nous avons choisi de ne pas faire appel à des porteurs.

Ce choix est avant tout personnel et lié à un questionnement éthique. Sur les sentiers, il n’est pas rare de croiser des porteurs transportant des charges très lourdes, parfois plus de 30 kg, attachées à une sangle autour du front. Beaucoup marchent avec des chaussures usées, parfois même en sandales, dans des conditions bien plus difficiles que celles des trekkeurs. Bien sûr, certains porteurs sont bien équipés et travaillent avec des agences responsables, mais ce n’est pas toujours le cas. Nous avions donc du mal avec l’idée de déléguer le poids de notre confort à quelqu’un d’autre.P orter notre sac faisait aussi partie de l’expérience : avancer à notre rythme, ressentir l’effort, et mériter un peu plus chaque paysage.

Cela ne veut pas dire que prendre un porteur est une mauvaise chose. Pour certains voyageurs, c’est même une manière importante de soutenir l’économie locale. Mais pour nous, dans ce voyage, nous avons préféré marcher en autonomie et accepter l’effort que cela implique. Et finalement, c’est aussi ce qui a rendu ce trek encore plus fort car chaque montée, chaque kilomètre, nous semblait un peu plus “mérité”.


Où commencer le trek ?

Le trek commence généralement depuis Pokhara, la grande ville touristique au bord du lac Phewa.

Depuis Katmandou
  • Bus touristique
    Durée : 6 à 8 h
    Prix : 10 à 20 €
  • Avion
    Durée : 25 minutes
    Prix : 90 à 120 €
Depuis Chitwan
  • Bus ou voiture
    Durée : 5 à 6 h

Les principaux itinéraires (10 jours) :

Plusieurs variantes existent dans la région des Annapurnas. Voici les itinéraires les plus populaires pour un trek d’environ 10 jours.

Option 1 : Annapurna Circuit

Très populaire. Avec un départ à Dharapani

Itinéraire :

  • Dharapani
  • Chame
  • Upper Pisang
  • Braga / Manang
  • Ice Lake (acclimatation)
  • Tilicho Base Camp
  • Tilicho Lake
  • Yak Kharka
  • Thorung Phedi
  • Thorung La Pass (5416 m)
  • Muktinath

Durée : 10 à 12 jours

Points forts :

  • Diversité des paysages
  • Col mythique du Thorung La
  • Lac Tilicho
Option 2 : Annapurna Base Camp

Durée : 7 à 10 jours avec un départ de Nayapul

Itinéraire classique :

  • Nayapul
  • Ghorepani
  • Poon Hill
  • Chomrong
  • Deurali
  • Machapuchare Base Camp
  • Annapurna Base Camp

Points forts :

  • Vue spectaculaire sur les Annapurnas
  • Trek plus court
Notre itinéraire :

Voici l’itinéraire que nous avons suivi pour notre trek dans la région des Annapurnas, avec un passage par Tilicho Lake et le col du Thorung La.

Jour 1 – Pokhara → Dharapani
  • Transport en bus ou jeep.
  • Durée : 7 à 9 h de route
  • La journée est principalement consacrée au transport pour rejoindre Dharapani, point de départ du trek. La route remonte la vallée de la Marsyangdi et traverse plusieurs villages de montagne.
  • Nuit à Dharapani – 1860 m
Jour 2 – Dharapani → Chame
  • Temps de marche : 5 à 6 h
  • Le trek commence réellement. Le sentier traverse de belles forêts de pins et longe la rivière. Les premières vues sur les sommets apparaissent progressivement.
  • Nuit à Chame – 2670 m
Jour 3 – Chame → Upper Pisang
  • Temps de marche : 5 h
  • Très belle étape avec des vues spectaculaires sur Annapurna II. Upper Pisang est un village traditionnel avec des maisons en pierre et de nombreux drapeaux de prières.
  • Nuit à Upper Pisang – 3300 m
Jour 4 – Upper Pisang → Braga
  • Temps de marche : 5 à 6 h
  • Le sentier offre de superbes panoramas sur la vallée et les sommets environnants. Braga est connu pour son monastère bouddhiste perché au-dessus du village.
  • Nuit à Braga – 3475 m
Jour 5 – Excursion à Ice Lake
  • Temps de marche : 6 à 7 h
  • Journée d’acclimatation. La montée vers Ice Lake (environ 4600 m) offre un panorama incroyable sur les Annapurnas et la vallée de Manang.
  • Retour dormir au même endroit.
  • Nuit à Braga
Jour 6 – Braga → Tilicho Base Camp
  • Temps de marche : 6 à 7 h
  • Altitude : 3475 m → 4150 m
  • Cette étape quitte progressivement l’itinéraire principal du tour des Annapurnas pour rejoindre la vallée menant au Tilicho Lake. Le sentier devient plus sauvage et traverse plusieurs zones d’éboulis impressionnantes. Certaines portions sont étroites et demandent un peu d’attention, mais les paysages sont spectaculaires. Au fil de la montée, la végétation disparaît peu à peu et laisse place à un décor très minéral dominé par de grandes parois rocheuses.
  • Nuit à Tilicho Base Camp – 4150 m
Jour 7 – Tilicho Base Camp → Tilicho Lake → Tilicho Base Camp
  • Temps de marche : 5 à 6 h
  • Altitude : 4150 m → 4919 m → 4150 m
  • Départ très tôt le matin pour rejoindre Tilicho Lake, l’un des plus hauts lacs du monde accessibles à pied. La montée se fait dans un paysage très minéral. Après environ 2 à 3 heures de marche, le lac apparaît au milieu des montagnes. Après avoir profité du site, retour par le même sentier.
  • Nuit à Tilicho Base Camp – 4150 m
Jour 8 – Yak Kharka → Thorung Phedi
  • Temps de marche : 6 h
  • Altitude : 4150 m → 4050 m
  • On quitte Tilicho Base Camp pour rejoindre l’itinéraire principal du tour des Annapurnas. Le sentier traverse plusieurs zones d’éboulis avant de redescendre légèrement vers les pâturages d’altitude.
  • Nuit à Yak Kharka – 4050 m
Jour 9 – Thorung Phedi → Thorung La Pass → Muktinath
  • Temps de marche : 7 à 9 h
  • Départ très tôt le matin pour franchir le Thorung La Pass (5416 m), l’un des cols les plus célèbres de l’Himalaya. La descente mène ensuite au village sacré de Muktinath.
  • Nuit à Muktinath – 3800 m
Jour 10 – Muktinath → Pokhara
  • Retour en bus ou jeep vers Pokhara.
  • Durée : environ 8 à 10 h selon l’état de la route.

Comment rejoindre le départ du trek ?

Depuis Pokhara :

En Jeep ou bus local :

  • Pokhara → Dharapani
    Durée : 6 à 8 h
  • Pokhara → Besisahar
    Durée : 4 à 5 h

Puis jeep jusqu’à Dharapani.

Prix :

  • Bus : 10 €
  • Jeep : 30 à 40 €

Hébergement pendant le trek

Pendant le trek dans les Annapurnas, l’hébergement se fait presque exclusivement dans des lodges, aussi appelées tea houses. Ces petites maisons d’hôtes de montagne jalonnent les sentiers et permettent de parcourir la région sans avoir besoin de matériel de camping. Chaque village possède plusieurs lodges où les randonneurs peuvent dormir et se restaurer.

Les chambres sont généralement très simples. On y trouve le plus souvent deux lits avec matelas, une couverture. Le confort reste basique et les salles de bain sont souvent partagées, surtout à mesure que l’on prend de l’altitude. Dans certains villages, il est possible d’avoir une douche chaude, mais celle-ci est souvent rare ou en option.

Petite astuce que nous avons découverte sur le trek. Il est souvent possible de ne pas payer la chambre si l’on prend ses repas dans la lodge. Beaucoup de gérants acceptent cet arrangement, car leur principale source de revenus reste la restauration. Il suffit simplement de demander gentiment au moment de s’installer. Nous avons testé… et cela a fonctionné presque partout. Nous n’avons payé aucune chambre pendant le trek, mais nous nous sommes fait plaisir sur les repas, souvent copieux et bien mérités après une journée de marche. L’ambiance est conviviale autour d’un thé chaud ou d’un dal bhat après une journée de marche.

Plus on monte en altitude, plus les prix augmentent. Cela s’explique par les difficultés d’approvisionnement . Dans certains villages, tout doit être transporté à dos de mule ou par porteurs.

Ce système d’hébergement fait aussi partie du charme du trek. Les soirées se passent souvent dans la salle commune autour du poêle, à discuter avec d’autres randonneurs venus du monde entier, pendant que les températures chutent à l’extérieur.


La nourriture pendant le trek

Voici les plats que l’on retrouve le plus souvent sur les menus :

  • Boissons chaudes : Thé népalais, milk tea, thé au gingembre, citron miel ou café soluble.
  • Dal Bhat : Le plat national népalais. Il se compose de riz, d’une soupe de lentilles, de légumes, de pickles et parfois d’un curry de viande. L’avantage du dal bhat est qu’il est très souvent servi à volonté, ce qui permet de reprendre du riz et des lentilles autant de fois que nécessaire. Après une longue journée de marche, c’est souvent le repas le plus rassasiant.
  • Momos : Les célèbres raviolis népalais cuits à la vapeur ou frits. Ils peuvent être farcis aux légumes, au poulet ou parfois au yak dans les villages d’altitude.
  • Thukpa : Une soupe de nouilles d’influence tibétaine, souvent servie avec légumes, œufs ou viande. C’est l’un des plats les plus réconfortants quand les températures chutent en altitude.
  • Chow Mein: Nouilles sautées aux légumes ou à la viande. Un classique dans toute la région himalayenne.
  • Porridge: Très populaire au petit déjeuner chez les randonneurs. C’est un bon apport énergétique avant une journée de marche.
  • Pancakes : Souvent servis avec miel, confiture ou parfois pommes.
  • Apple pie : La fameuse apple pie des Annapurnas. Elle est devenue une véritable tradition sur les treks de la région. Après plusieurs heures de marche, elle a un goût particulièrement satisfaisant.
  • Spaghetti : Oui, même en pleine montagne. Beaucoup de lodges proposent des spaghettis tomate ou bolognaise.
  • Burger : Plus surprenant encore, certains villages servent même des burgers maison. On ne s’attend pas forcément à ça à plus de 3500 mètres d’altitude… mais ça fait toujours sourire.

Le matériel recommandé

Même si ce trek ne nécessite pas d’équipement technique, un minimum d’équipement est indispensable.

Les équipements :
  • 2–3 t-shirts respirants (mérinos ou synthétique)
    → Sèchent vite, limitent les odeurs
  • 1 polaire chaude
    → Utilisée tous les jours en altitude
  • 1 sous-couche thermique manches longues
    → Indispensable le matin et le soir
  • 1 veste imperméable (pluie + coupe-vent)
  • 1 legging ou pantalon chaud pour le soir
    → Pour dormir ou rester au lodge
  • 1 sous-pantalon thermique
    → Très utile le soir et les nuits froides
  • Sous-vêtements techniques (sèchent vite)
  • 1 bonnet, des gants et une écharpe : il caille à + 4000 m
  • Des lunettes de soleil
    → Indispensables en altitude. La réverbération peut être forte, surtout en plein soleil. Même quand il fait froid, les UV restent puissants.
  • Des bâtons de marche rétractables car certaines parties casse-gueule

Pas besoin de 15 tenues. Vous porterez toujours les mêmes.

Chaussures
  • Vraies chaussures de randonnée, déjà portées.
    → Le plus important de tout l’équipement
  • Chaussettes de randonnée (3–4 paires)
    → Une paire chaude pour l’altitude
  • Sandales ou tongs pour le soir dans les lodges (le bonheur).
Nuit & lodge
  • Pyjama chaud
    → Les nuits peuvent être très froides
  • Chaussettes épaisses pour dormir
    → Petit luxe qui change tout
Pluie & humidité
  • Poncho ou sur-pantalon imperméable
    → Très utile en cas de pluie prolongée
  • Housse de pluie pour le sac
    → Indispensable
Santé & confort en marche
  • Crème anti-frottements
  • Crème solaire SPF élevé
  • Stick à lèvres SPF
  • Mouchoirs / papier toilette
    → Pas toujours disponible en chemin
  • Diamox (acétazolamide) → après avis médical
  • Paracétamol (maux de tête liés à l’altitude)
  • Ibuprofène (inflammations, douleurs musculaires)
  • Antidiarrhéique (type lopéramide)
  • Smecta ou équivalent
  • Probiotiques
  • Antispasmodique
  • Pansements classiques & ampoules
  • Désinfectant
  • Compresses stériles
  • Baume musculaire

    Le plus important reste l’acclimatation progressive. Aucun médicament ne remplace ça.
Le petit plus qui change tout
  • Snacks énergétiques (barres, fruits secs, chocolat)
  • Carnet ou liseuse pour les soirées
  • Cartes / jeu léger pour les lodges
  • Un sac poubelle pour vos déchets (important)
Matériel indispensable pour le trek
  • Gourde filtrante
    → L’hydratation est essentielle, surtout en altitude. On en avait une chacune de marque différente. On recommande les deux (chacune a ses défauts et qualités): ici et ici.
    → Indispensable pour éviter d’acheter des bouteilles en plastique
    → Plus on monte, plus l’eau en bouteille est chère
  • Thermos (optionnel mais très utile)
    → Pour garder du thé/café chaud pendant les journées froides
Aide à la marche
Orientation & sécurité
  • Carte hors ligne (Maps.me)
    → Le balisage est bon, mais une carte rassure
  • Lampe frontale
    → Coupures d’électricité fréquentes dans les lodges
  • Sifflet (souvent intégré aux sacs)
    → En cas de problème sur le sentier
Électricité & technologie
  • Batterie externe (10 000–20 000 mAh)
    → L’électricité est difficile
  • Câbles + adaptateur
    → Prises parfois capricieuses
  • Téléphone en mode économie d’énergie
    → Le froid vide vite les batteries

Quand faire le trek ?

Les meilleures périodes :

Automne (octobre – novembre)
  • Météo stable
  • Ciel dégagé
  • Très fréquenté
Printemps (mars – avril)
  • Rhododendrons en fleurs
  • Températures agréables
À éviter :
  • Juin à début septembre (mousson)

L’altitude et le mal des montagnes

L’un des aspects les plus importants à prendre en compte lors d’un trek dans les Annapurnas est l’altitude. Sur certains itinéraires, notamment sur l’Annapurna Circuit ou lors du passage du col du Thorung La, on dépasse facilement 5000 mètres d’altitude. À ces hauteurs, l’air contient beaucoup moins d’oxygène, ce qui peut provoquer ce que l’on appelle le mal aigu des montagnes (MAM).

Le mal des montagnes peut toucher n’importe qui, même des personnes sportives ou expérimentées en randonnée. Ce n’est pas une question de forme physique mais de réaction du corps au manque d’oxygène. Les symptômes apparaissent généralement à partir de 2500 à 3000 mètres, et il est important d’y prêter attention.

Les signes les plus courants sont :

  • Maux de tête persistants
  • Nausées ou perte d’appétit
  • Fatigue inhabituelle
  • Vertiges
  • Difficultés à dormir
  • Essoufflement plus important que d’habitude

Dans la plupart des cas, ces symptômes restent légers et disparaissent lorsque le corps s’adapte à l’altitude. Cependant, s’ils s’aggravent, il est impératif de ne pas continuer à monter et parfois même de redescendre immédiatement.

Pour limiter les risques, la règle principale en altitude est simple : monter progressivement. Les itinéraires dans les Annapurnas sont généralement conçus pour permettre cette acclimatation naturelle, mais il est important de respecter le rythme et de ne pas vouloir aller trop vite.

Le vrai réflexe à avoir en montagne, c’est de raisonner en altitude de couchage. On peut monter plus haut dans la journée pour une randonnée d’acclimatation, mais il faut ensuite redescendre dormir plus bas. C’est ce principe de progression par paliers qui aide vraiment le corps à s’adapter.

En pratique, au-dessus de 3 000 mètres, il est recommandé de :

  • Ne pas augmenter son altitude de couchage de plus de 500 m par nuit
  • Prévoir une nuit supplémentaire d’acclimatation tous les 1 000 m gagnés
  • Intégrer un jour de repos tous les 3 à 4 jours si l’on continue à monter
  • Eviter de passer brutalement d’une basse altitude à une nuit au-dessus de 2 750–3 000 m

Concrètement, cela veut dire qu’il ne faut pas chercher à “gagner du temps” en sautant des étapes. En Himalaya, vouloir aller trop vite est souvent la pire idée. Mieux vaut faire moins de kilomètres mais mieux dormir, plutôt que de monter trop haut et se retrouver malade.

Quelques conseils essentiels permettent de réduire fortement les risques :

  • Marcher lentement : En altitude, il est normal d’avancer plus doucement. L’objectif n’est pas la performance mais l’adaptation du corps.
  • Boire beaucoup d’eau : La déshydratation accentue les effets de l’altitude. Il est conseillé de boire au moins 3 litres d’eau par jour.
  • Prévoir des journées d’acclimatation : Dans certains villages comme Manang, beaucoup de trekkeurs prennent une journée de repos pour permettre au corps de s’adapter avant de continuer.
  • Éviter l’alcool en altitude : L’alcool accentue les effets du manque d’oxygène et peut aggraver les symptômes.
  • Bien manger : Même si l’appétit peut diminuer, il est important de continuer à manger pour garder de l’énergie.
  • Écouter son corps : Si les symptômes deviennent trop importants, la meilleure solution reste souvent de redescendre en altitude.

Sur les treks populaires comme celui des Annapurnas, les guides et les lodges sont généralement habitués à ces situations et peuvent donner de bons conseils. Certaines personnes emportent également des médicaments spécifiques contre le mal des montagnes, comme le Diamox, mais leur utilisation doit toujours être faite avec l’avis d’un médecin.

Malgré ces précautions, l’altitude fait aussi partie de l’expérience. Elle impose un rythme plus lent, plus attentif, et pousse à écouter son corps.


Budget moyen du trek

Pour un trek de 10 jours :

  • Sans guide : 300 à 450 €
  • Avec guide : 600 à 900 €
  • On en a eu pour 466 euros pour 2 tout compris (transport, hébergement, nourriture, permis).

Quelques conseils utiles

  • Partir tôt le matin : Les matinées sont souvent les moments où la météo est la plus stable. L’après-midi, les nuages montent vite dans les vallées et peuvent cacher les montagnes ou provoquer de la pluie.
  • Prendre du cash : Il n’y a quasiment aucun distributeur automatique dans les villages de montagne. Il faut donc retirer suffisamment d’argent à Pokhara ou Katmandou avant de commencer le trek.
  • Télécharger une carte offline : Des applications comme Maps.me, Organic Maps ou AllTrails permettent de suivre facilement l’itinéraire même sans réseau.
  • Toujours avoir une frontale : L’électricité est parfois limitée dans les lodges et certaines étapes peuvent se terminer tard. Une lampe frontale est très utile.
  • Prendre une batterie externe (power bank) : Recharger son téléphone ou son appareil photo est souvent galère dans les lodges, et parfois impossible dans les villages les plus hauts.
  • Prévoir du papier toilette : Beaucoup de lodges n’en fournissent pas ou seulement en petite quantité.
  • Avoir toujours un peu de snacks : Fruits secs, barres de céréales ou chocolat peuvent être très utiles entre deux villages.
  • Prévoir un sac étanche ou une housse de pluie : La météo en montagne peut changer rapidement. Une protection imperméable pour le sac est très utile.
  • Respecter les animaux de transport : Les sentiers sont souvent utilisés par des caravanes de mules ou de yaks. Il faut toujours se placer du côté de la montagne pour les laisser passer.

Notre conseil

Prenez votre temps.

Les Annapurnas ne sont pas seulement un trek.
C’est une expérience.

Marcher plusieurs jours dans l’Himalaya permet de découvrir une autre dimension du Népal : les paysages, les villages et surtout le rythme simple de la montagne.

Et une fois redescendu… on n’a qu’une envie : repartir.


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